Le Bliss ferme avant l'heure

Guillaume Frouin - ©2008 20 minutes

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C'est la première « victime » de la guerre larvée que se mènent la préfecture et les discothèques. Véritable « institution » nantaise depuis 1930, située en contrebas de la ligne de busway à Saint-Jacques, le Bliss (ex-Milord et ex-Calao) a choisi de baisser définitivement le rideau. Contraint depuis le 25 mars de fermer à 1 h faute de dérogation préfectorale, l'établissement a fait l'objet depuis d'une fermeture administrative de huit jours, comme l'avait annoncé jeudi la préfecture dans 20 Minutes. « Des cas de comas éthyliques » y auraient été recensés par la police, ce que conteste la direction. Qui a finalement jeté l'éponge.

« C'est de l'acharnement », analyse Me Jérôme Boissonnet, avocat du Bliss. « L'établissement devait de toute manière fermer en septembre, pour faire place à des logements sociaux. Mon client était prêt à arrêter dès juillet, mais la préfecture était manifestement déterminée à en faire un exemple. » Jérôme Boissonnet va d'ailleurs réclamer devant le tribunal administratif le remboursement du manque à gagner de cette fermeture anticipée, évalué à 450 000 euros sur six mois. Chaque week-end, 750 clients venaient en effet au Bliss. Les douze salariés, eux, sont « en cours de licenciement », d'après l'avocat.

Comme cinq autres discothèques (sur 41) en Loire-Atlantique, le Bliss aurait « traîné des pieds » selon la préfecture pour se conformer aux nouvelles règles du jeu du « plan alcool », entré en vigueur le 1er janvier. La pétition initiée sur Internet en leur faveur avait recueilli hier 700 signatures au total, contre 300 la semaine dernière.