Nantes-Atlantique: Trois mois après l'abandon du transfert, aucune compensation n'est sur la table

AEROPORT Les collectivités locales commencent à douter des « compensations exemplaires » promises par l'Etat...

Frédéric Brenon

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L'aéroport Nantes-Atlantique.
L'aéroport Nantes-Atlantique. — L.Venance/AFP

En annonçant le 17 janvier l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le Premier ministre, Edouard Philippe, avait promis des « compensations exemplaires » aux collectivités riveraines de l’aéroport Nantes-Atlantique et aux habitants subissant les nuisances aériennes. Trois mois plus tard, le constat des collectivités est amer : rien n’a été déclenché et rien ne semble sur le point de se concrétiser.

La rencontre très attendue ce mardi avec Francis Rol-Tanguy, haut fonctionnaire missionné par l'Etat pour réfléchir aux mobilités du Grand Ouest, n’a débouché sur « aucune réponse précise », rapporte Nantes métropole. « Nous ne sentons pas une volonté de l’Etat d’accélérer sur ce sujet », regrette son vice-président, Fabrice Roussel.

L’allongement de la piste intéresse l’Etat

Selon les élus et associations de riverains, le gouvernement n’aurait ainsi donné aucun calendrier sur la révision du plan d’exposition au bruit (qui interdit des constructions trop exposées au bruit aérien) ou du plan de gêne sonore (qui permet d’accorder des subventions pour les travaux d’isolation phonique des habitations). Le sujet des travaux de modernisation et d'agrandissement​ de l’aéroport n’a « pas réellement avancé ». Aucune promesse non plus n’a été faite en vue d’un financement de travaux des écoles survolées, ou d’une amélioration des dessertes ferroviaires et routières.

En fait, seul l’allongement de la piste d’atterrissage de 500 m au sud « est, a priori, la seule hypothèse qui semble être étudiée par le gouvernement », indique le maire de Saint-Aignan-de-Grandlieu. Une hypothèse qui se heurte pourtant au respect de la Loi littoral et à la présence d’habitations.

« On va se bagarrer », promet le maire de Saint-Aignan

« Je suis relativement inquiet », confie Jacques Garreau, maire de Bouaye. « Manifestement, la décision d’abandonner le transfert a été prise sans réelle connaissance des conséquences sur Nantes-Atlantique », critique Jacques Gillaizeau, vice-président de Nantes métropole. « L’Etat s’inquiète davantage du financement que du contenu des compensations, déplore Jean-Claude Lemasson, maire de Saint-Aignan de-Grandlieu. On reste sur notre faim. Mais on va se bagarrer. La population nous a donné mandat pour ça. »

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