Nantes: Deux ans avant les élections, Laurence Garnier « accélère » sa campagne

POLITIQUE La chef de file de l'opposition se positionne pour 2020 et réagit à l'actualité nantaise...

Frédéric Brenon

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Laurence Garnier, chef de file de l'opposition à la mairie de Nantes.
Laurence Garnier, chef de file de l'opposition à la mairie de Nantes. — F.Brenon/20Minutes

Certes, Laurence Garnier est « en campagne depuis mars 2014 », date de sa défaite au second tour des municipales à Nantes face à Johanna Rolland. Mais la chef de file (Les Républicains) de l’opposition, devenue entre-temps vice-présidente du conseil régional, entend désormais « accélérer et mobiliser » dans la perspective d’une conquête de la mairie en 2020. C’est ce qu’elle a expliqué vendredi au cours d’une conférence de presse où elle a également balayé l’actualité nantaise. Morceaux choisis.

Attention au déclin post NDDL. « Soyons honnêtes, l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes nous a mis un coup sur la tête, d’autant plus qu’il est arrivé juste après la mise en service de la ligne ferroviaire à grande vitesse à Rennes et à Bordeaux. Si l’on n’y prend pas garde, l’abandon de NDDL est susceptible de ralentir le développement de la métropole dans les mêmes proportions que l’arrivée du TGV l’avait accéléré en 1989. C’est pour ça qu’il faut se battre et ne rien lâcher sur les grands dossiers d’accessibilité : train, routes, aéroport, port. »

Le CHU sur l’île de Nantes, encore temps de renoncer. « L’intérêt pour les habitants est de regrouper toutes les structures de soins publiques et para-publiques sur un seul et même lieu. Mais ça ne se fera pas puisque l’Institut de cancérologie de l’ouest (ICO) ne veut pas déménager sur l’île ! Maintenir le choix de l'île de Nantes​ s’est faire primer le projet urbain sur le projet de santé publique. Nantes a besoin d’un nouvel hôpital ambitieux, il est encore temps de le prendre en compte. »

Les embouteillages, ça suffit. « La circulation devient de plus en plus compliquée. Mais rien n’est fait pour désengorger le centre-ville de Nantes. Il n’y a pas d’investissement pour résorber les points noirs ou réaliser des aménagements innovants. Sur le vélo, il y a beaucoup d’affichage mais on sait qu’on n’atteindra pas les objectifs. Ce sera, je pense, un vrai marqueur pour la campagne de 2020. »

Un nouveau franchissement de Loire. « C’est un projet essentiel pour désengorger le trafic. Mais je constate que c’est la région qui l'a relancé. Qu’elle est la liberté du maire de Nantes sur ce sujet ? Je ne sais pas. Après, est-ce que ce franchissement doit être intra-nantais, intra-métropolitain ou extra-métropolitain ? Les études le diront. La solution doit être pensée à l’échelle globale du territoire et non pas sur le seul prisme nantais. Si on ne s’engage pas aujourd’hui, on va souffrir dans les années à venir. »

Accueillir les migrants. « Aujourd’hui, on est complètement démuni. Les collectivités ont cet enjeu là qui leur tombe dessus. Personne n’a la solution. Mais les migrants qui sont là, il faut bien les prendre en charge. La création d'un centre d'hébergement annoncée par Johanna Rolland ? Ça va dans le bon sens. On ne peut pas rester les bras croisés. »

Oui au projet YelloPark. « Je soutiens à 200 % le projet de nouveau stade à la Beaujoire. C’est un projet ambitieux et audacieux. Il faut toutefois être vigilant pour prendre en compte les préoccupations des riverains et tenir le calendrier extrêmement serré. Ce projet peut montrer qu’à Nantes on est capable de lancer des projets de grande ampleur. »

Les blocus sur le campus universitaire du Tertre. « Les Nantais voient que la fac est bloquée, que leurs enfants ne vont plus en cours, que les examens approchent, et que l’un des rares lieux en France où l’enseignement supérieur est gratuit et de qualité n’est plus en mesure d’assurer sa mission. Les étudiants cagoulés qui tiennent des AG où la parole est interdite à ceux qui ne pensent pas comme eux, c’est inacceptable et il est de la responsabilité des élus de le dénoncer. »

L’événement « Complètement de Nantes » organisé par la ville de Nantes du 12 avril au 30 juin. « C’est de la com à 500.000 euros. Ça fait 6.000 euros la journée. C’est cher. Ce que j’entends des Nantais, c’est qu’il y a du fric. Cet argent n’est pas consacré à autre chose. Il y a pourtant des difficultés sur la petite enfance, sur le périscolaire… »

Le rassemblement autour de sa candidature. « Je souhaite rassembler le plus largement. Je peux travailler pourquoi pas avec En Marche si on a un projet commun et une ambition commune pour la ville. C’est hyper important. On voit bien avec la majorité actuelle et ses alliances que l’on peut s’emprisonner si le projet n’est pas le premier moteur. Il faut être authentique. »