Nantes : Des mesures pour lutter contre les rodéos

SOCIETE Dans les quartiers, ces rodéos motorisés exaspèrent les habitants.

Guillaume Leroux

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Des jeunes faisant du rodéo urbain à scooter (illustration)
Des jeunes faisant du rodéo urbain à scooter (illustration) — Hadj/Sipa

« Aucune ville n’est épargnée ». Xavier Perrin, adjoint à la tranquillité publique à la ville de Saint-Nazaire dresse un constat sans équivoque. Les rodéos motorisés sont devenus un problème majeur dans de nombreux quartiers. Ce mercredi, des élus des villes de l’ouest (Saint-Brieuc, Vannes, Brest, Rezé, Saint-Herblain, Nantes, La Roche-sur-Yon, Saint-Nazaire, Rennes, Lorient, Le Mans) se sont réunis pour établir un plan d’actions. « Ce sont des mesures pour juguler ce phénomène que nous mettons à disposition des villes, une sorte de boîte à outils. Chacun puisera dedans en fonction de ce qui est adapté à son territoire », précise l’élu.

Le délit de rodéo n’existe pas

Aménagements urbains, participation citoyenne, convention avec les bailleurs sociaux, actions de prévention, les élus ne manquent pas d’idées pour essayer d’endiguer le phénomène. Reste un point noir : le délit de rodéo n’existe pas. « Il faut le créer, réclame Lionel Edmond, directeur de la tranquillité publique pour la ville de Nantes. Ce n’est pas normal que la police verbalise uniquement pour défaut de port de casque un jeune qui tourne moteur hurlant depuis deux heures exaspérant tout un quartier. Une contravention pour ce genre de faits ne correspond plus aux crispations qu’il génère sur la population. »

À Nantes, des rodéos motorisés se déroulent dans « tous les quartiers d’habitat social », selon Lionel Edmond. Percuté par une voiture, un jeune homme a perdu la vie l’année dernière à Bellevue alors qu’il circulait sans casque sur une moto. « Sur Nantes, on comptabilise un accident grave par an », recense le directeur de la tranquillité publique. Des accidents qui n’ont qu’un effet très éphémère sur la pratique. « Ça se calme pendant trois ou quatre semaines et après, ça recommence. »

Bientôt les caméras de vidéoprotection

175 engins ont été saisis à Nantes en 2017 pour purger le secteur. « Ce sont des motos qui passent de mains en mains, qui n’ont pas vraiment de propriétaires. » Dans les semaines à venir, des dizaines de caméras de surveillance seront installées à Nantes. « Elles seront sur des grands boulevards, sur des axes propices à la pratique du rodéo, explique Lionel Edmond. On espère qu’elles pourront nous permettre de lutter contre ce phénomène. »