Nantes va ouvrir un centre pour les femmes battues unique en France

SOCIETE Ouvert 24h/24, ce centre pour les femmes victimes de violences et leurs enfants verra le jour en 2019...

Guillaume Leroux

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Violences faites aux femmes: illustration
Violences faites aux femmes: illustration — Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA
  • La mairie de Nantes va créer un centre de consultation post-traumatique pour les femmes battues et leyurs enfants.
  • Le centre accueillera en son sein des médecins, des psychologues, une aide juridictionnelle et quelques chambres d’urgence.
  • L'espace de 700 m2 sera ouvert 7j/7 et 24h/24.

C’est un projet que Johanna Rolland avait inscrit dans son programme dès 2014, « un projet nécessaire, qui a du sens », selon la maire (PS) de Nantes. Un centre de consultation post-traumatique pour les femmes victimes de violences ouvrira au deuxième semestre 2019. Il sera installé au septième étage d’un bâtiment en cours de construction à l’angle du boulevard Vincent-Gâche et de la rue François-Albert, sur l’île de Nantes.

Cet espace de 700 m2 sera ouvert 7j/7 et 24h/24. Il accueillera en son sein des médecins, des psychologues, une aide juridictionnelle et quelques chambres d’urgence. « C’est triste à dire mais c’est un projet unique à l’échelle du pays », précise Johanna Rolland. Il existe en France d’autres établissements du même type comme la Maison des femmes de Saint-Denis ou le Cauva de Bordeaux mais ils sont spécialisés dans un domaine alors que le projet nantais répond à « une approche globale : médicale, juridique et sociale », selon l’adjointe au maire chargée de la vie associative, de l’égalité et de la lutte contre les discriminations, Aïcha Bassal.

Une porte d’entrée unique

Le centre sera gratuit et accessible à tous. Il accueillera les femmes victimes de violence et leurs enfants. « Il y avait un besoin de créer une porte d’entrée unique, de coordonner tous les acteurs dans un même lieu », rappelle le maire de Nantes. Une équipe pluri-disciplinaire (travailleur social, conseiller juridique, psychiatre…) sera présente en permanence au centre. Une seconde phase de concertation permettra dans les prochains mois de préciser le fonctionnement du centre, la composition de l’équipe et l’aménagement du lieu.

Les locaux du centre post-traumatique sont en cours de construction à Nantes.
Les locaux du centre post-traumatique sont en cours de construction à Nantes. - G.Leroux/20Minutes

Le volet financier du projet est également toujours soumis à discussions. « On continue d’échanger, le tour de table n’est pas encore terminé », précise Johanna Rolland qui espère convaincre d’autres partenaires institutionnels, privés ou associatifs de mettre la main au portefeuille. « La ville prend ses responsabilités et dans tous les cas, le projet se fera », assure le maire qui précise qu’il en coûtera 200.000 euros par an aux finances nantaises pour la location du lieu.

Près de 25.000 femmes violentées par an

« Jusqu’à présent, les femmes s’en sortaient en bricolant et à leurs frais, ce ne sera plus le cas », se réjouit Elisabeth Massamba-Debat, présidente de Solidarité femmes Loire-Atlantique, l’une des nombreuses associations ayant faites entendre leur voix lors de l’élaboration de ce projet de centre post-traumatique.

Selon un diagnostic mené par l’agence d’urbanisme de la région nantaise (Auran) en 2016 et 2017, 12.000 femmes à Nantes et 24.500 dans sur Nantes métropole seraient victimes de violences physiques et/ou sexuelles sur une année.