Nantes: Un front commun dans la rue, samedi, contre les menaces d'expulsions

SOCIETE Un rassemblement, suivi d’une manifestation, est organisé samedi midi place du Commerce…

Frédéric Brenon
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Installation de migrants dans une maison de retraite désaffectée, le 8 mars 2018 à Nantes.
Installation de migrants dans une maison de retraite désaffectée, le 8 mars 2018 à Nantes. — S. Salom-Gomis/SIPA
  • Associations, syndicats, collectifs et quelques partis politiques de gauche appellent à manifester samedi.
  • Ils dénoncent la fin de la trêve hivernale du 31 mars.
  • Migrants, squatteurs, zadistes et locataires en précarité sont les publics menacés par des expulsions.

Ensemble, ils comptent faire « front commun » contre les menaces d’expulsions. Plusieurs associations, syndicats, collectifs d’étudiants et partis politiques (EELV, UDB, Ensemble, NPA…) appellent à se rassembler samedi pour soutenir les migrants, Zadistes et locataires exposés à une intervention des forces de l’ordre en raison de la fin de la trêve hivernale (31 mars). Un banquet de rue est prévu à midi place du Commerce. Puis une manifestation s’élancera à 14h.

Les organisateurs s’inquiètent notamment pour le devenir des 150 migrants occupant depuis le 8 mars une maison de retraite désaffectée rue Maurice-Sibille après avoir été expulsés de l’université. Ce squat de centre-ville, qui appartient au bailleur Nantes métropole habitat mais doit être vendu dans quelques semaines à une association pour être transformé en foyer de jeunes travailleurs, bénéficiait d’une clémence de la collectivité jusqu’au 31 mars.

« L’obtention de ce lieu n’a pas été facile. Il y a ici des chambres, des conditions de vie un peu meilleures. Des gens viennent nous aider, nous donner des cours de français. On aimerait gagner un peu de temps », raconte Mustapha, demandeur d’asile.

L’appel à projets « 15 lieux à réinventer » vécu comme une « provocation »

Les organisateurs soutiennent aussi les Zadistes de Notre-Dame-des-Landes qui défendent un « projet collectif », un « mode de vie alternatif », alors que l’Etat leur avait donné jusqu’au 31 mars pour régulariser leur situation et présenter un projet agricole individuel. N’ayant pas répondu à la préfecture, ils risquent désormais l'expulsion.

Plus globalement, les organisateurs réclament la mise à disposition immédiate des locaux inoccupés pour y « loger les personnes à la rue ». L’appel à projets « 15 lieux à réinventer » lancé par la mairie de Nantes est ainsi vécu comme une « provocation ».

Ils demandent également l’organisation d’une table ronde réunissant tous les acteurs concernés par le sujet, des aides de l’Etat pour la construction de HLM, l’abrogation de la circulaire Colomb, ou encore « l’encadrement des loyers à la baisse » sur la métropole nantaise.