Nantes: Pourquoi il ne faut pas rater la grande expo sur le rock nantais

MUSIQUE L’événement, qui ferme ses portes dimanche, est installé depuis un an et demi au château des ducs

Frédéric Brenon

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Laurient Charliot, concepteur de l'exposition «Rock! Une histoire nantaise»
Laurient Charliot, concepteur de l'exposition «Rock! Une histoire nantaise» — F.Brenon/20Minutes
  • L'exposition est ouverte jusqu'au dimanche 10 novembre au château des ducs de Bretagne.
  • Enrichie par les artistes et les souvenirs des Nantais, elle présente plusieurs centaines d'objets, souvent uniques.
  • L'expo accorde une large place à l'écoute musicale, notamment grâce à des jukebox numériques.

EDIT >>> A quelques jours de la fermeture de l'exposition « Rock! Une histoire nantaise », nous vous proposons de redécouvrir cet article publié le 24 février 2018.

Samedi, c’est le grand jour pour le rock nantais. En préparation depuis près de trois ans, la grande exposition Rock ! Une Histoire nantaise ouvrira ses portes au Château des ducs de Bretagne. Conçue par Laurent Charliot, auteur de l’ouvrage La Fabuleuse histoire du rock nantais, elle fera le récit jusqu’en novembre 2019 d’une scène musicale « reconnue aujourd’hui parmi les plus riches de France ». On vous donne cinq bonnes raisons pour ne pas la rater.

Parce qu’elle ne se limite pas au rock. Bien sûr, les rockeurs pur jus sont à l’honneur. Que ce soient les pionniers (Les Rapaces, les Sunset), les grands frères (Zig Zag, Ulysse, Cambouis…) ou, à partir de la fin des années 1980, les stars locales (EV, Elmer Food Beat, Dominique A, Dolly, Little Rabbits…), puis la nouvelle génération (Minitel Rose, Von Pariahs, Papier Tigre…). Mais l’expo traite du rock au sens très large : « Toutes les musiques sauf la variété, le jazz et les musiques très traditionnelles », explique Laurent Charliot. Voilà pourquoi on retrouve aussi de la musique celtique (Tri Yann…), de la pop (Philippe Katerine, Christine and the Queens, Pony Pony Run Run…), de la chanson (Jeanne Cherhal…), de l’electro (C2C, Madeon, Smooth…), de la world music (Orange Blossom…) et même un peu de reggae (Apartheid not, Djimbo…).

Dominique A, Philippe Katerine et Françoiz Breut
Dominique A, Philippe Katerine et Françoiz Breut - F.Brenon/20Minutes

Parce que les objets présentés sont exceptionnels. Enrichie grâce aux apports des artistes, mais aussi d’une collecte réalisée auprès des particuliers nantais, l’exposition présente plusieurs centaines d’objets divers et souvent uniques : des costumes, des instruments, des accessoires, des trophées (Disques d’or et Victoires de la musique), des affiches, des photos insolites et, surtout, plus de 2.000 albums. Il y a aussi des reconstitutions très réussies : le disquaire Fuzz, Trempolino, la chambre de Dominique A, le studio de répétition des Elmer, la loge de Philippe Katerine, les platines de C2C…

La basse et les trophées du groupe Pony Pony Run Run
La basse et les trophées du groupe Pony Pony Run Run - F.Brenon/20Minutes

Parce qu’on la visite avec un gobelet ! Certes, il y a quelques panneaux d’information traditionnels. Mais l’expo fait la part belle aux vidéos et, surtout, à l’écoute musicale. Une frise chronologique propose 120 disques à écouter en actionnant un « gobelet de concert » distribué à l’entrée. « On pose son oreille et on écoute. C’est marrant et ça isole moins qu’un casque », justifie Laurent Charliot. Des jukebox numériques, fonctionnant sur le même principe, offrent encore plus de titres. Avoir son gobelet à la main est donc indispensable.

Un jukebox numérique actionné par le fameux gobelet de l'expo.
Un jukebox numérique actionné par le fameux gobelet de l'expo. - F.Brenon/20Minutes

Parce qu’elle raconte aussi l’histoire de Nantes. L’exposition commence dans les années 1960, époque où les orchestres de variétés, de musette et de jazz dominaient toute autre forme musicale. Puis on remonte le temps et on découvre (ou redécouvre) l’influence américaine, les concours de guitare, l’âge dor des bals, les premiers festivals, les concerts universitaires, l’arrivée des radios locales, la fronde des artistes contre la municipalité Chauty (1983), l’engouement pour les cafés-concert, le boom de l’électro… Des institutions nantaises, comme les magasins Michenaud et Violin, les salles Le Floride, l’Olympic, la MJC de Rezé, ou l’association Trempolino, sont évidemment évoquées. « On se rend compte à quel point la culture et la musique font partie intégrante de l’identité de la ville », résume Laurent Charliot.

La première basse conçue à Nantes (1961).
La première basse conçue à Nantes (1961). - F.Brenon/20Minutes

Parce qu’elle est accessible aux enfants. Outre l’écoute des musiques au gobelet, à coup sûr très appréciée des plus jeunes, l’exposition n’a pas oublié les enfants. Un parcours en dix étapes permet ainsi de découvrir ce qu’est le rock, ses instruments, son matériel, ses anecdotes, en se mettant à la portée d’un public âgé d’au moins 7 ans. Des devinettes et questions-réponses sont proposées. Cerise sur le gâteau, on peut essayer une batterie et une guitare électrique à l’intérieur du blockhaus de Trempolino reconstitué.

L'une des salles de l'exposition «Rock! Une histoire nantaise»
L'une des salles de l'exposition «Rock! Une histoire nantaise» - F.Brenon/20Minutes