Nantes: L'activité d'Airbnb grimpe, la métropole prépare des mesures

TOURISME Les hôteliers déplorent une « concurrence déloyale » et demandent à Nantes métropole d'agir...

Frédéric Brenon

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Fondé en 2008, le site Airbnb est devenu en quelques années un phénomène mondial.
Fondé en 2008, le site Airbnb est devenu en quelques années un phénomène mondial. — J.MacDougall/AFP

Marginale il y a encore quelques années, l’activité d’Airbnb ne cesse de se développer, y compris en Pays de la Loire. Selon les derniers chiffres dévoilés par le site Internet de location d’hébergements entre particuliers, plus de 450.000 voyageurs ont été accueillis dans la région en 2017, contre 300.000 en 2016 et moins de 800 quatre ans plus tôt. Nantes, La Baule, Saint-Nazaire, mais aussi Les Sables d’Olonne, Angers ou Le Mans sont les villes les plus prisées.

Considérée comme l’une des destinations les plus dynamiques de France sur la plateforme américaine, la Cité des ducs a accueilli à elle seule près de 100.000 voyageurs en un an, issus de 95 nationalités différentes. De quoi rapporter 187.000 euros à Nantes métropole au titre des taxes de séjour dues par les touristes (0,65 euro par nuitée).

« Ceux qui abusent sont connus »

« Une recette supplémentaire, on ne va pas s’en plaindre, commente Fabrice Roussel (PS), vice-président de Nantes métropole en charge du tourisme. Après, si l’on compare à l’ensemble des hébergements du territoire, Airbnb représente 9 % des nuitées et 5 % des recettes. Il faut relativiser. » Jugeant la concurrence « déloyale » car les hôtes Airbnb « ne sont pas soumis aux normes d’accessibilité, de sécurité, ni aux mêmes déclarations fiscales », le Club hôtelier de Nantes se montre plus sévère, notamment envers « ceux qui possèdent plusieurs appartements ».

Des annonces Airbnb à Nantes.
Des annonces Airbnb à Nantes. - F.Brenon/20Minutes

« Il y a désormais plus de logements Airbnb disponibles que de chambres d’hôtels dans la métropole, constate Matthieu de Montferrand, président du Club hôtelier. Le problème, ce n’est pas le propriétaire occupant qui propose une chambre lorsqu’il s’absente un week-end. Le problème, ce sont ceux qui abusent et en font commerce à l’année. Ceux-là sont connus. »

« L’activité doit être plus équitable et mieux encadrée »

Le Club hôtelier réclame donc que des « mesures strictes » soient mises en place à Nantes pour réguler la pratique, « comme à Paris ou à Barcelone ». « On en parle depuis longtemps avec Nantes métropole. Mais on ne voit rien de concret », s’agace Matthieu de Montferrand.

« L’activité d’Airbnb doit être plus équitable et mieux encadrée, convient Fabrice Roussel. On souhaite que la taxe de séjour des nuitées Airbnb soit évolutive, en fonction de la typologie du logement, comme pour les professionnels hôteliers. On veut aussi que les utilisateurs d’Airbnb n’en fassent pas leur activité principale. On travaille sur le sujet. On fera le point avec les hôteliers en mars. Il y aura des mesures prises en juin. »

L’une des premières décisions pourrait être d’imposer aux loueurs de meublés touristiques de se déclarer en mairie afin d'obtenir un numéro d’enregistrement.
 

Annonces et revenus

Le nombre d’annonces proposées par Airbnb en un an atteint 3 000 à Nantes et 18 600 en Pays de la Loire. Une concurrence qui permet tout de même a un hôte nantais de gagner en moyenne 1 300 € par an.