Nantes: Les contrôleurs de la Tan équipés de caméras-piétons pour éviter les agressions?

TRANSPORT Le syndicat CFDT- Semitan veut prendre exemple sur ce qu'il se passe sur le réseau de transports angevin...

David Phelippeau
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NANTES, le 03/07/2012 Un controle de billet dans un tram de la TAN
NANTES, le 03/07/2012 Un controle de billet dans un tram de la TAN — FABRICE ELSNER/20 MINUTES
  • La CFDT, principale organisation syndicale à la Semitan, exige que les contrôleurs soient désormais équipés d’une petite caméra GoPro, fixée à leur poitrine.
  • A Angers, l’expérience commencée en 2015 est une vraie réussite.
  • Un problème d’ordre juridique subsiste néanmoins.

Les contrôleurs de la Tan (transports en commun de l’agglo nantaise) pourraient bien s’inspirer de leurs confrères et voisins angevins. Après deux nouvelles agressions, samedi, sur le réseau de transports en commun nantais, la CFDT-Semitan, exige que les contrôleurs soient désormais équipés de petites caméras-piétons, fixées à leur poitrine.

« On a évoqué le sujet avec la direction à la dernière réunion CHSCT, explique Didier Sauvêtre, délégué syndical CFDT-Semitan. Cela fait un moment qu’on lui demande cet outil. Il faut que la décision soit prise rapidement. On a quand même le réseau le plus proche de chez nous qui l’utilise… » En effet, depuis octobre 2015, le réseau de transports en commun angevin Kéolis* a mis en place ce système de caméras sur les contrôleurs. « C’était à la demande des vérificateurs [comme on les appelle à Angers] », se souvient Didier Lardeux, conducteur chez Kéolis et délégué syndical CFDT.

L’utilisation des caméras-piétons n’est évidemment pas systématique. « Ils ne l’utilisent qu’en cas de besoin, poursuit Lardeux. Ils l’enclenchent très peu souvent. S’ils sentent qu’il y a un début de tensions, ils ont l’obligation de prévenir le resquilleur ou la resquilleuse qu’ils vont enclencher leur caméra. » Jean-Marie Noyeau, de la CFDT-Kéolis à Angers, confirme : « Cet outil apaise tout de suite le conflit et évite des agressions verbales ou physiques. Les délinquants n’aiment pas qu’on les filme… » La caméra est à ce point « dissuasive », pour Lardeux, qu’il n’y a eu qu'« une ou deux agressions » de contrôleurs (munis d’une GoPro) à Angers en 2017. Une quinzaine en 2016.

Souci d’ordre juridique

La Tan pourrait-elle « copier » sur Kéolis ? Didier Sauvêtre est plutôt confiant. « Notre direction est favorable à cet outil, elle se renseigne en ce moment sur des soucis d’ordre technique, mais surtout juridiques. Elle doit prendre notamment contact avec la préfecture et la CNIL [Commission nationale de l’informatique et des libertés] » Car il y a un hic : la loi Savary relative « à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs », adoptée en mars 2016, n’autorise pas les agents des transports publics à utiliser des caméras-piétons. « La loi ne l'autorise pas, confirme la direction de la TAN. On ne veut pas être hors la loi. Pour le moment, ce sujet n'est donc pas à l'étude. » 

À Angers (et dans d’autres villes), on semble faire fi de ce texte de loi. Et pour cause : une vingtaine de petites caméras (à 500 euros HT) sont utilisées par les contrôleurs.

* Interrogé, Kéolis n’a pas souhaité apporter de commentaires