Nantes: Polémique après l'annulation d'une réunion sur le levothyrox

SANTE L'université de Nantes évoque des «raisons administratives». Les organisateurs dénoncent une «censure»...

F.B.

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L'ancienne formule du Levothyrox.
L'ancienne formule du Levothyrox. — AFP

Calée depuis fin 2017, la réunion publique sur la crise du levothyrox, qui devait se tenir jeudi soir (19h) à l’amphithéâtre 6 de la faculté de médecine, vient d’être annulée à la demande de l’université de Nantes, ont annoncé mardi après-midi les organisateurs.

La conférence devait évoquer la procédure collective en cours au sujet de ce médicament utilisé contre le dérèglement de la thyroïde et dont les effets secondaires sont très critiqués depuis plusieurs mois. Elle était organisée par l’avocat parisien Christophe Leguèvaques, lequel défend plusieurs centaines de plaignants contre le laboratoire Merck, mais devait réunir également un avocat nantais et un médecin-endocrinologue.

« La faculté m’a prévenu mardi après-midi que la salle n’était finalement plus disponible. Sans autre explication », s’étonne l’avocat Hubert Veauvy, qui annonce rechercher « dès à présent un nouveau lieu ». Sollicitée par 20 Minutes, l'université de Nantes évoque des « raisons administratives », notamment une « convention non finalisée » et un dispositif de sécurité imprévu pour une réunion se tenant en soirée.

Annulation comme à Strasbourg

A Strasbourg, une réunion similaire, programmée mardi, vient également d'être annulée par le doyen de la fac de médecine Strasbourg. Celui-ci a avancé un problème d’éthique, les avis scientifiques étant insuffisamment représentés, justifie-t-il dans les colonnes de Rue 89.

Comme à Strasbourg, Christophe Leguèvaques dénonce une « censure » de l’université. « C’est un comportement inqualifiable, s’agace-t-il. On avait réussi à faire venir un médecin, qu’on ne nous dise pas que cette réunion servait nos propres intérêts. Je pense, au contraire, que pour des tas de raisons économiques, cette crise du levothyrox dérange énormément de personnes. » « J’espère qu’on recevra des excuses et des explications », ajoute Hubert Veauvy.

D’autres réunions à suivre en France

Deux réunions similaires sont prévues ces prochains jours à Lyon puis à Draguignan (Var).

Le procès de l’action collective engagée devant la justice civile contre le laboratoire Merck aura lieu le 1er octobre 2018 à Lyon. La date-limite pour le dépôt des dossiers de plaintes est fixée au 15 février.