Après la marée noire, la colère noire

Guillaume Frouin - ©2008 20 minutes

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Hier en fin de journée, 130 tonnes de déchets avaient été évacuées, d'après Total. Et 330 personnes étaient mobilisées. Le chantier de dépollution de l'estuaire de la Loire, souillé depuis dimanche par le déversement accidentel de 400 tonnes de fuel lourd toxique depuis la raffinerie Total de Donges, s'est accéléré hier.

Réunies dans l'après-midi sur le port de Paimboeuf, durement touché, plusieurs associations écologistes ont de leur côté laissé éclater leur colère. « Une centaine d'oiseaux ont déjà été récupérés », indique Mickaël Potard, directeur de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) en Loire-Atlantique. « En 2006, après la collision entre deux butaniers, une dizaine de milliers d'oiseaux avaient été touchés. Cette fois-ci, la catastrophe est bien plus importante. C'est l'équivalent de trois ou quatre dégazages. »

Pour sa part, Christophe Dougé, de l'association Loire vivante, s'en est pris au fonctionnement des commissions spécialisées, imposées par Bruxelles et censées contrôler l'activité des installations comme la raffinerie. « Elles se réunissent une fois tous les trois ans. C'est facile pour une entreprise comme Total d'étouffer les incidents », estime le délégué de l'association écologiste.

Sur le port, les passants sont eux aussi dépités. « C'est une honte », soupire Michel, un retraité de 61 ans qui promène son chien. « Combien encore de catastrophes comme celle-ci faudra-t-il pour que ça s'arrête ? Les gens de Total, il faudrait les incarcérer. »