Notre-Dame-des-Landes: Pourquoi l'aéroport Nantes-Atlantique a besoin d'être réaménagé

FUTURS TRAVAUX Le gouvernement vient de décider d’abandonner le projet de transfert à Notre-Dame-des-Landes…

Frédéric Brenon

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L'aéroport Nantes-Atlantique.
L'aéroport Nantes-Atlantique. — L.Venance/AFP
  • L’unique piste de l’aéroport Nantes-Atlantique est orientée dans l’alignement du centre-ville de Nantes, d’où de nombreuses nuisances sonores.
  • Bosselée et vieillissante, la piste est également à refaire à moyen terme.
  • En 10 ans, le volume voyageurs a plus que doublé et atteint les 5,7 millions de passagers en 2017.

L’aéroport Nantes-Atlantique, dont le gouvernement vient d'annoncer le réaménagement et l'agrandissement au détriment du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, est aujourd’hui le sixième aéroport de province en volume de fréquentation.

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Proximité avec le centre-ville et nuisances sonores

Construit en 1939 à Bouguenais, au sud de Nantes, pour un usage, au départ militaire et industriel, il a la particularité de se trouver à moins de 9 km du centre-ville de Nantes. Outre cette proximité, l’aéroport a comme handicap d’avoir une piste unique orientée dans l’alignement du centre-ville de Nantes pour les atterrissages par le nord (une approche légèrement décalée est tout de même accordée à titre dérogatoire).

Les décollages survolent également de nombreuses habitations. D’où des nuisances sonores importantes, accentuées par l’augmentation des mouvements d’avions.

Prévisions de trafic nettement dépassées

Car Nantes-Atlantique est dynamique. Boosté par l’attractivité de la métropole nantaise et par le développement des lignes low-cost, il enregistre, depuis dix ans, la plus forte croissance des aéroports français, juste devant Bordeaux ou Beauvais. Avec 5,7 millions de passagers accueillis en 2017 (+14 % par rapport à 2016), le volume de voyageurs a ainsi plus que doublé.

Aéroport Nantes-Atlantique.
Aéroport Nantes-Atlantique. - Vinci/Valéry Joncheray

Les prévisions de trafic, elles-mêmes, sont nettement dépassées : environ six ans d’avance par rapport aux prévisions les plus optimistes de la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes adoptée en 2008. Et ça ne devrait pas faiblir de sitôt : au moins 9 millions de passagers sont attendus en 2040, selon le rapport des médiateurs.

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Aérogare encombrée et piste bosselée

Sans attendre ce plafond, Vinci airports, gestionnaire de l’aéroport Nantes-Atlantique, rapporte depuis déjà plusieurs années une dégradation des conditions d’accueil au sein de l’aérogare en raison de la croissance régulière du trafic. Les journées problématiques dites « de forte densité » (plus de 14.000 passagers), avec pour conséquences des « durées d’attente excessives et un service déterioré », seraient ainsi passées de 6 en 2011 à 151 en 2016, essentiellement les week-ends et vacances scolaires.

Quant à la piste, bosselée et vieillissante, elle est également à refaire à moyen terme. Son extension est, aussi, souhaitée au sud, mais l’idée se heurte à la proximité du lac de Grandlieu, réserve classée Zone Natura 2000. Ce sera l’un des enjeux du projet de réaménagement.