Le braqueur voulait lancer son commerce

PROCES Un homme est jugé depuis jeudi par la cour d'assises de Loire-Atlantique pour un braquage raté... Compte-rendu d'audience.

A Nantes, Guillaume Frouin

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La révélation d'une séquestration et de violences à caractère antisémites et homophobes à Bagneux (Hauts-de-Seine) a suscité une vive émotion mercredi et des appels ont été lancés pour éviter tout amalgame avec l'affaire du "gang des barbares" dans la même ville en 2006.
La révélation d'une séquestration et de violences à caractère antisémites et homophobes à Bagneux (Hauts-de-Seine) a suscité une vive émotion mercredi et des appels ont été lancés pour éviter tout amalgame avec l'affaire du "gang des barbares" dans la même ville en 2006. — Thomas Coex AFP/Archives

Il cherchait des fonds, mais il l’a bien touché (le fond). Un homme de 44 ans est jugé depuis ce jeudi par la cour d’assises de Loire-Atlantique, pour le braquage raté du Lidl du quartier République (île de Nantes) le 30 mai 2006. Lui et son complice, dont il n’a jamais donné le nom, avaient menacé deux caissières à l’aide d’un pistolet automatique vide, avant de prendre la fuite à l’arrivée de la police.

Ce jeudi, Farid H. a expliqué qu’il avait à l’époque un besoin pressant d’argent: la veille, il avait signé chez un notaire l’acte d’achat d’un fonds de commerce dans le quartier Bellevue. Il voulait y ouvrir «un commerce de traiteur, sandwicherie, friterie et salon de thé». Problème: lui et son associé devaient verser 15.000 € sous quinze jours, au titre de garantie.

Un lourd casier judiciaire

Farid repense alors à cette idée de braquage que lui a suggéré, un mois auparavant, un «copain de la cité». Une proposition pas innocente: délinquant alors repenti, son casier judiciaire est connu de tout le quartier.
 
A 22 ans, Farid a en effet été condamné une première fois pour «vol avec arme» par la cour d’assises de Maine-et-Loire. Et, à 29 ans, il a écopé de quinze ans de réclusion criminelle par cette même cour d’assises de Loire-Atlantique pour «vol avec arme et séquestration». Il est sorti de prison en 2002, avec un brevet d’éducateur sportif en poche.
 
«J’ai revu ce copain le dimanche avant les faits, lors d’un tournoi de foot vétérans», explique posément l’accusé dans son box. «Je lui ai dit qu’il fallait faire ce coup ce matin-là ou jamais.»

«J’étais morte de trouille»

Un matin qui reste gravé dans la mémoire des deux caissières. Traumatisées, elles ont témoigné ce jeudi à la barre.
 
«J’étais morte de trouille», raconte Nathalie, 36 ans. «Mon cœur battait comme un tambour, j’ai cru qu’il allait exploser.» Sa collègue, en larmes, débite à toute vitesse son récit, encore marquée par la pression du revolver dans sa nuque.
 
«Je regrette profondément», assure l’accusé, profil bas dans le box, d’un ton calme et posé qui contraste avec son casier judiciaire. «Je suis pleinement conscient du mal que j’ai fait.»
 
Les jurés décideront de son sort ce vendredi.