A Rezé, une entreprise montée dans le lycée

INITIATIVE Depuis maintenant deux ans, les jeunes en génie mécanique produisent un pied en aluminium, le «Polybike»...

A Nantes, Benjamin Merieau

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Une entreprise au sein même du lycée. C’est le principe original de Mécacycle, une «entreprise lycéenne» créée par les élèves de terminale et de première du lycée Jean-Perrin, à Rezé (Loire-Atlantique), près de Nantes. Depuis maintenant deux ans, les jeunes en génie mécanique produisent un pied en aluminium, le «Polybike», qui permet de poser son vélo pour pouvoir le bricoler plus facilement.

La quasi-intégralité de la production est assurée dans les ateliers du lycée, pendant les heures de pratique des élèves. Il a été possible de monter une simulation d’entreprise au sein de l’établissement scolaire grâce au concours «Entreprendre au lycée», organisé par le conseil régional des Pays de la Loire. Le projet n’est pas si fictif, puisque les «polybike» sont vendus sur Internet.

«On y a consacré beaucoup de temps, explique Michael Thomas, le professeur en charge du projet. Je ne compte pas les heures.» Tout fonctionne comme dans une entreprise, y compris les objectifs de production fixés à 20 exemplaires pour cette deuxième année de travail. La motivation est là, d’autant plus que «30 % des participants à Entreprendre au lycée ont ensuite créé leur entreprise», remarquent les élèves.
 
Une partie des bénéfices à l’association de Laurent Jalabert

Mais comme on est encore au lycée, les bénéfices ne vont pas dans les poches des jeunes. Cette année, 40% des résultats sont reversés à l’association A-bras, parrainée par Laurent Jalabert.

Ce mercredi matin, l’ancien champion cycliste est venu apporter son soutien aux lycéens et recevoir le chèque. «Le but de cette association, c’est d’informer les gens sur le plexus brachial, une maladie assez méconnue provoquée par un arrachement des nerfs», explique-t-il. Les jeunes ont eu une idée géniale, en plus, ça leur permet d’étudier toutes les étapes de la chaîne de production.»

Le reste de l’argent récolté a servi à lancer les nouveaux venus pour prendre la suite des étudiants en BTS qui avaient initié le projet. Quant au reste des bénéfices de cette année, personne ne sait encore comment il sera utilisé. Une seule certitude: à bon escient et de façon collective.