Nantes: Deux syndicalistes condamnés pour violences, la CGT dénonce un «procès politique »

JUSTICE Les deux manifestants du syndicats CGT ont été jugés coupables de violences et d'outrages lors de la manifestation du 21 septembre...

20 Minutes avec AFP

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Manifestants contre la réforme du travail le 21 septembre à Nantes.
Manifestants contre la réforme du travail le 21 septembre à Nantes. — S.Salom-Gomis/Sipa

Deux militants CGT ont été condamnés jeudi à Nantes à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour des violences commises contre des policiers le 21 septembre dans la ville, en fin d’une manifestation contre la réforme du code du travail.

Le tribunal correctionnel de Nantes a reconnu coupables les deux hommes de 49 et 54 ans de violences, l’un pour un coup de poing, l’autre pour des jets de projectiles, et pour avoir refusé de se soumettre à un contrôle d’alcoolémie. Le plus âgé des deux a également été reconnu coupable d’outrages et rébellion. 

Interpellés dans le camion de la CGT

Ces deux militants cégétistes depuis plus de 20 ans avaient été interpellés en toute fin d’une manifestation après un face-à-face tendu de deux heures entre quelques centaines de manifestants et les forces de l’ordre, près du CHU, où avait été érigé un mur en parpaings.

L’un des militants avait été coursé par les policiers de la BAC jusque dans le camion de la CGT où il s’était réfugié, après avoir jeté des projectiles et fait des doigts d’honneur en direction des forces de l’ordre, des faits qu’il reconnaît en partie. Il avait ensuite « résisté avec violence à son interpellation, parfaitement légitime » selon le représentant du ministère public, le syndicaliste assurant, lui, n’avoir « pas vu que c’était des policiers et s’être défendu ».

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« Dans le camion, les coups de matraque pleuvaient, on a été roués de coups », a déclaré à la barre l’autre prévenu, jugé pour avoir donné un coup de poing à un policier, ce qu’il conteste. Au moins deux des personnes présentes dans le fourgon syndical au moment de l’interpellation ont porté plainte pour violences policières.

« Faire des exemples pour apeurer les manifestant s »

« Cette décision, c’est un blanc seing donné aux policiers, dont la méthode d’interpellation était violente », a estimé l’avocat des deux militants, Pierre Huriet, qui réfléchit à faire appel.

La CGT de Loire-Atlantique a dénoncé « un procès politique », visant à « faire des exemples pour apeurer les manifestants et le mouvement social en général ». « Manifester aujourd’hui, c’est prendre le risque d’être lourdement condamné », ajoute le syndicat, qui reproche aussi à la justice ces « innombrables blessés côté manifestants dont les plaintes sont systématiquement classées sans suites ».