Nantes: Ces communes qui décident de retourner à la semaine de 4 jours

EDUCATION Huit communes de la métropole nantaise ont déjà acté de changer de rythme scolaire à la rentrée prochaine…

Frédéric Brenon

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Illustration d'une salle de classe dans une école primaire, ici à Rennes.
Illustration d'une salle de classe dans une école primaire, ici à Rennes. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Le gouvernement a autorisé les communes qui le souhaitent à renoncer à l’école le mercredi matin.
  • Plusieurs villes ont fait ce choix après avoir organisé des consultations.

C’était l’une des premières mesures d’Emmanuel Macron : laisser aux communes le choix de décider si elles veulent revenir ou non à la semaine de 4 jours dans leurs écoles publiques. Si, compte tenu du calendrier extrêmement serré, peu de villes avaient saisi cette opportunité pour la rentrée 2017, la plupart des mairies ont décidé, ces dernières semaines, de se poser sérieusement la question du rythme scolaire à adopter pour la rentrée 2018. 

Dans la métropole nantaise, les situations seront très diverses en septembre prochain. Quinze villes vont maintenir le rythme de 4,5 jours mis en place en 2013 par la réforme Peillon : Nantes, Saint-Herblain, Rezé, Saint-Sébastien-sur-Loire, Orvault, Bouguenais, Vertou, La Chapelle-sur-Erdre, Carquefou, Couëron, Thouaré-sur-Loire, Indre, Saint-Jean-de-Boiseau, Mauves-sur-Loire et Brains.

Mais au moins huit communes vont revenir à la semaine de 4 jours, c’est-à-dire supprimer l’école le mercredi matin et allonger la journée de classe d’environ trois quarts d’heure : Bouaye, Sainte-Luce-sur-Loire, Basse-Goulaine, Sautron, Les Sorinières, La Montagne, Le Pellerin et Saint-Léger-les-vignes. A noter que Carquefou et Thouaré souhaitaient, elles aussi, revenir à 4 jours mais leur demande a été retoquée par l'inspection académique.

« Ils ressentaient une fatigue supplémentaire »

Pourquoi ce retour en arrière ? « Il y a un constat partagé d’une fatigue accrue des enfants », justifie-t-on à la mairie de Sainte-Luce après avoir interrogé les conseils d’école. « C’était une demande unanime des parents d’élèves et des enseignants », abonde Alain Vey, maire de Basse-Goulaine. Ils ressentaient une fatigue supplémentaire avec l’école le mercredi matin. »

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D’autres avancent comme arguments des « plannings facilités pour les associations » et une « harmonie avec les écoles privées » qui, elles, étaient restées à 4 jours. Sans oublier des économies financières non négligeables liées à la suppression des activités périscolaires intermédiaires proposées jusque-là gratuitement. « Proposer des activités de qualité, comme c’était notre choix, ça a un coût, reconnaît le maire de Basse-Goulaine. Toutes les communes ne peuvent pas se le permettre. Mais, pour nous, ça n’a pas pesé dans la décision finale. »

« On ne dispose d’aucun bilan national, d’aucune évaluation, mesurant l’impact de la réforme sur le bien-être des enfants et le travail pédagogique », regrette Jacques Garreau, maire de Bouaye qui a décidé de « suivre l’avis exprimé par la consultation organisée dans la commune » quitte à « bouleverser l’organisation délicate qui avait été mise en place ».

« On ne va pas tout en remettre en cause »

Défenseure de la réforme Peillon en 2013, la maire de Nantes ne partage pas ce point de vue. « Mon objectif, c’est de faciliter la vie des familles, indique Johanna Rolland. On ne va pas tout remettre en cause après tout le travail qui a été fourni. Et puis, sur le fond, les arguments qui avaient été avancés il y a quatre ans, notamment celui de respecter au mieux le rythme biologique de l’enfant, n’ont pas changé. »

« La semaine de quatre jours entraîne des journées de travail trop longues, inadaptées au rythme biologique des enfants et préjudiciables à l’acquisition des apprentissages », considère, elle aussi, Carole Grelaud, maire de Couëron.

La commune de Saint-Aignan-de-Grandlieu n’a pas encore, officiellement, pris de décision.