Nantes: Le président de l'université prêt à employer la force contre les occupants du château du Tertre

MIGRANTS L’université fixe un ultimatum aux occupants du château du Tertre et fait des annonces pour les réfugiés…

Frédéric Brenon

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Le président de l'université de Nantes, Olivier Laboux
Le président de l'université de Nantes, Olivier Laboux — Frederic Brenon / 20 Minutes
  • Deux bâtiments universitaires sont occupés par un collectif afin d’y héberger des personnes migrantes.
  • L’université tolère l’occupation du bâtiment de la Censive mais exige l’évacuation du château du Tertre où des travaux doivent démarrer.
  • L’université s’engage à faciliter la formation et le logement des migrants étudiants.

Le président de l’université de Nantes, Olivier Laboux, a annoncé ce vendredi midi qu’il avait saisi le tribunal administratif afin d’obtenir une ordonnance d’expulsion à l’encontre des étudiants, militants et migrants occupant le château du Tertre depuis dimanche.

Le chef d’établissement, qui a rencontré les intéressés ce vendredi matin et leur a demandé un « départ immédiat et sans condition », espère toutefois qu’ils partiront d’eux-mêmes. « C’est à eux de prendre leur responsabilité. Je ne souhaite avoir recours à la force publique qu’en dernier lieu », a-t-il précisé.

« Le collectif s’éloigne de sa cause initiale »

Deux bâtiments universitaires sont occupés par un collectif réclamant des solutions d’hébergement pour les jeunes migrants. L’un, le bâtiment Censive (faculté de lettres), occupé depuis le 22 novembre, bénéficie d’une « tolérance » de l’université de Nantes. Dix salles de cours y sont « réquisitionnées » pour y faire dormir plus d’une dizaine de migrants.

L’autre, le château du Tertre, qui abritait des services universitaires et un laboratoire d’archéologie jusqu’à la rentrée, est jugé dangereux pour l’accueil de personnes par l’université de Nantes. Cette bâtisse, sans mobilier – ni eau, ni chauffage – doit faire l’objet de travaux de réhabilitation d’une durée d’un an à partir du 5 décembre. Aucun migrant n’y dormirait, selon certains occupants.

« Certains disent qu’il faut rester au château pour faire face à des besoins futurs. D’autres préfèrent se concentrer sur la Censive. On n’est pas tous d’accord. On va en discuter ce week-end je pense », confie William, un des occupants. « En refusant de quitter le château, il nous semble que le collectif s’éloigne de sa cause initiale, celle des migrants », commente Olivier Laboux, qui déplore des « revendications de plus en plus larges ».

Quarante chambres promises aux migrants étudiants

Pour donner le change, Olivier Laboux a rappelé qu’il acceptait l’hébergement des migrants au bâtiment de la Censive « même si cette situation ne peut être que provisoire ». Il annonce également qu’une quarantaine de chambres gérées par le Crous seront affectées en priorité aux migrants étudiants à partir du 1er février 2018. L’université prendra à sa charge « tout ou partie du coût ». Le Crous proposera une aide alimentaire.

L’université s’engage aussi à accompagner gratuitement les migrants (pouvant justifier d’un diplôme donnant accès à l’enseignement supérieur) souhaitant effectuer une formation diplômante. Elle veut aussi faciliter l’apprentissage du français, « via le service universitaire des langues qui les accueillera et les orientera ». Un accompagnement social et sanitaire leur sera garanti. « Nous souhaitons répondre à ces situations humaines extrêmement douloureuses. Scolariser, former, c’est insérer durablement dans une société », justifie Olivier Laboux.

Un précédent à l’école des beaux-arts

Il y a quelques jours, une pétition a été lancée afin que les travaux du château du Tertre soient reportés. Plus de 1.300 signatures ont déjà été collectées pour demander que le bâtiment puisse accueillir les migrants jusqu’au 31 mars.

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Dans la nuit du 18 au 19 novembre, c’est l’ancienne école des beaux-arts (vide depuis la rentrée) de Nantes qui avait été occupée. Ses quarante occupants avaient finalement été expulsés le lendemain après-midi, à la demande de la mairie de Nantes, par 150 policiers.