VIDEO. Nantes: Qui se cache derrière ces fresques géantes aux quatre coins de l'agglo?

STREET ART Ador et Semor, deux artistes nantais, entament la dernière ligne droite de leur parcours de fresques dans l'agglo...

Julie Urbach

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Ador et Semor réalisent un parcours de fresques (ici: rue du Honduras, station Beauséjour et quai de l'Aiguillon)
Ador et Semor réalisent un parcours de fresques (ici: rue du Honduras, station Beauséjour et quai de l'Aiguillon) — J. Urbach/ 20 Minutes, S. Guilbaud et S. Salom Gomis/ SIPA
  • La projet «Parade, balade et distorsion» doit s'achever mi-novembre.
  • Il consiste en la réalisation d'un parcours de fresques dans l'agglo nantaise, réalisé par les artistes nantais Ador et Semor et avec l'aide des habitants.

Sur plus de 100 m en face du Hangar à bananes, sur des immeubles à Rezé ou Orvault, à l’arrêt de tram Beauséjour (ligne 3) à Nantes… Depuis cet été, d’étranges personnages viennent peu à peu recouvrir les murs de l’agglo nantaise. Si de nombreux passants (ou au moins une grosse partie des Instagramers nantais) les ont déjà prises en photo, il est fort à parier qu’ils ne connaissent pas tous l’histoire de ces fresques géantes.

Pourtant, « Parade, balade et distorsion », le projet des artistes nantais Ador et Semor soutenu par Pick’up production, est peu banal. Depuis le mois de mai, non-stop, les deux amis ont élu résidence (avec en moyenne 50 bombes de peinture à chaque fois (!)) dans six quartiers pour réaliser une ou plusieurs œuvres monumentales. On y retrouve toujours d’étranges bonshommes et animaux, dans un style ludique et farfelu, mais le reste, les petits détails notamment, leur ont été soufflés par les habitants.

Des « dédicaces aux riverains »

« Si on a choisi ces endroits, des quartiers prioritaires où la culture ne vient que rarement, ce n’est pas pour plaquer nos dessins et repartir », explique Semor, qui préfère parler de dessins et de peinture, que de graffiti. « On a recueilli plein d’anecdotes, animé des ateliers d’initiation avec les enfants, fait des interviews d’habitants, continue Ador. On a beaucoup appris sur ces quartiers, d’où se dégage plein d’énergie. »

Sur la fresque de la Petite-Sensive (rue du Honduras, quartiers Nords, où une deuxième est en préparation), les initiales, portrait de trois femmes ou boîte à outils sonnent comme des « dédicaces » aux riverains. Pourtant, quiconque pourra apprécier ce tableau haut de cinq étages à sa façon. « On adore les notions de rêve, de jeu et d’enfance, détaille Semor. Raconter des histoires avec tout ça, sans qu’il y ait une lecture évidente à nos peintures. »

Image en commun

L’intégralité du parcours (une dizaine de fresques) sera achevé mi-novembre, avec une réalisation qui commencera dès lundi au Sillon de Bretagne. Mais les deux jeunes Nantais, qui préfèrent davantage parler de leur travail (dont ils vivent aujourd’hui) que d’eux-mêmes, évoquent déjà un pari réussi.

« Cette expo, en dehors des lieux plus convenus, a été super plaisante, assure les artistes, qui se sont rencontrés il y a une dizaine d’années à Nantes, déjà en peignant des murs. Ces espaces immenses nous permettent de faire ce qu’on adore, c’est-à-dire une image en commun que l’on réalise à deux, en même temps. Plus on bosse ensemble et plus les choses se font naturellement, moi dans mon style plus arrondi, modelé, et Semor davantage dans les lignes. »