Des rues bien à soi et bien chères

David Prochasson - ©2008 20 minutes
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C'est une situation rarissime à l'échelle des grandes villes de province. Des avenues chics du centre aux lotissements de la périphérie, Nantes regorge de voies privées. Au total, on en recense 840, parmi lesquelles la plus célèbre, le passage Pommeraye. Achevé en 1843, il regroupe maintenant une soixantaine de copropriétaires soumis à un règlement commun et se ferme chaque soir au public.

« Aujourd'hui encore, le nombre de voies privées continue d'évoluer, principalement avec la création de lotissements », assure Philippe Jeanneau, directeur du pôle Chantenay-Chézine à Nantes métropole. Dans le centre-ville, les voies sont souvent anciennes. Passage Saint-Yves, à l'entrée des grilles, une loge de gardien témoigne du souci de tranquillité de la grande bourgeoisie du XIXe. « Beaucoup de voies proviennent d'anciennes tenues maraîchères qui ont été loties par des investisseurs privés », explique Jean-Claude Giffard, ancien responsable du service des lotissements et voies privées de la mairie. Témoins de cette particularité nantaise, les propriétaires peuvent bénéficier d'une aide administrative auprès de Nantes métropole. « La municipalité nantaise, contrairement à une ville comme Bordeaux, n'a jamais classé ces voies de manière volontariste dans le domaine public. » Seules celles qui représentaient un intérêt pour la circulation l'ont été. Ce qui lui a permis de n'engager ni sa responsabilité civile en cas d'accident, ni ses finances dans l'entretien de ces voies privées.