Vendée: Jugée pour l'envoi de dizaines de lettres anonymes de menaces, elle nie

JUSTICE Une commerçante du Château d'Olonne a reçu une cinquantaine de courriers de menaces de mort entre 2010 et 2014...

F.B. avec AFP

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Code pénal au tribunal (illustration)
Code pénal au tribunal (illustration) — 20 MINUTES/SIPA

Elle est l’unique suspecte. Mais clame son innocence depuis le début. Une femme de 57 ans a été jugée jeudi, devant le tribunal correctionnel des Sables-d’Olonne (Vendée), pour avoir envoyé anonymement à sa rivale amoureuse une cinquantaine de courriers de menaces de mort entre 2010 et 2014.

« Je n’y suis pour rien », a lancé cette quinquagénaire au carré blond coupé court à l’ouverture de son procès. « Je suis formelle. Je n’ai jamais écrit aucune lettre anonyme », a maintenu à la barre la prévenue, renvoyée sur la base notamment d’expertises graphologiques pour « menaces de mort réitérées ».

« Il y a beaucoup de zones d’ombre »

« Le seul élément ferme et définitif dans ce dossier [contre la prévenue], c’est le fait qu’elle est nulle en orthographe car elle écrit "pôvre". Si cela vous suffit, vous la condamnerez. Si cela vous paraît trop léger, vous la relaxerez », a dit le représentant du ministère public en fin d’après-midi. « Il y a beaucoup de zones d’ombre, d’interrogations, peu de réponses, quelques idées que je garderai pour moi, mais pas de certitude sur la culpabilité » de la quinquagénaire, a ajouté le procureur, évoquant une simple « affaire de corne-cul qui a mal tourné ».

Il avait au début de ses réquisitions raillé le montant des dommages et intérêts demandé par les parties civiles, dont 50.000 euros en réparation du préjudice moral et 300.000 euros au titre du préjudice financier subi par la destinataire des courriers anonymes, ancienne propriétaire d’une parfumerie.

La victime se dit « salie » et « bafouée »

« J’ai perdu 24 kilos, j’ai perdu la parfumerie, tout ce que j’avais », a déclaré cette dernière, « salie » et « bafouée » par la cinquantaine de courriers de menaces de mort et d’insultes reçus à son travail ou à son domicile, écrits à l’aide de lettres découpées une à une dans des magazines ou des prospectus et avec pour messages : « c’est la fin », « adieu, vieille salope », « crève » ou encore « j’aurai ta mort ».

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Le premier courrier anonyme avait été déposé en janvier 2010, sur le comptoir de son commerce, dans une galerie commerciale du Château-d’Olonne, commune voisine des Sables. A l’intérieur de l’enveloppe, des clichés montrent son compagnon depuis plus de vingt ans en compagnie de la prévenue, vendeuse dans une boutique située dans la même galerie commerciale.

Confondue par son écriture

« Je suis formelle, l’auteur des lettres, c’est elle », a assuré la parfumeuse, désignant sa rivale amoureuse. Une instruction avait été ouverte en octobre 2011, après le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile par la victime.

En l’absence de traces ADN sur les courriers, la maîtresse a été confondue par deux expertises graphologiques et par certains éléments retranscrits dans les courriers qui n’étaient connus que d’elle et du compagnon volage, a-t-il été souligné à l’audience. « Même s’il n’y a pas d’aveux, il y a tout un faisceau de présomptions », a plaidé l’avocat de la parfumeuse, Jean-Hubert Portejoie.

Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 9 novembre.