Nantes: Comment la région tente de séduire les touristes Chinois

ECONOMIE Les professionnels du tourisme veulent capter une partie du colossal potentiel de visiteurs venus de Chine…

Frédéric Brenon
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Des touristes chinois en visite à Paris.
Des touristes chinois en visite à Paris. — D.Janin/AFP
  • Environ 7.650 nuitées de touristes chinois ont été comptabilisées en 2016 en Pays de la Loire.
  • Les professionnels tentent surtout de convaincre les tour-opérateurs, acteurs incontournables du tourisme chinois hors d'Asie.

Comment attirer les touristes chinois ? La question se pose avec insistance dans toutes les filières touristiques. L’organisation mondiale du tourisme (OMT) estime en effet à 208 millions le potentiel de Chinois qui voyageront hors de leurs frontières en 2020. Ces visiteurs sont, du reste, parmi les plus dépensiers au monde.

Bénéficiant d’une bonne image, la France en capte déjà une part non négligeable (2,2 millions en 2015). L’agglomération nantaise et la région Pays de la Loire espèrent avoir leur part du gâteau, mais partent de loin.

« Potentiel de croissance phénoménal »

Environ 7.650 nuitées hôtelières chinoises ont été comptabilisées l’an passé dans la région, dont 2.120 à Nantes métropole. « Pour l’heure, c’est un petit marché, concède Cécile Onillon, responsable de l’observatoire régional du tourisme. Les Chinois connaissent surtout Paris, le sud de la France et le Mont-Saint-Michel. Mais le potentiel de croissance est phénoménal. Le patrimoine et l’histoire de la "Loire Valley" les intéressent énormément, Le Mans est connu pour son circuit automobile, notre littoral a des atouts. On observe déjà des séjours de plus en plus longs. Ce sera aux professionnels de s’adapter, notamment pour l’accueil des groupes. »

« C’est surtout avec les tour-opérateurs que ça se joue »

Le Puy du Fou, qui propose depuis deux ans une version chinoise de son site Internet et a ouvert un compte sur WeChat ( le Facebook chinois), a bien compris l’enjeu. « On reçoit de plus en plus de touristes venus de Chine, même si ce n’est pas encore énorme, raconte David Nouaille, directeur général adjoint du parc vendéen. On mène des actions avec les tour-opérateurs car c’est surtout là que ça se joue. On essaie de les convaincre de nous inscrire sur un circuit entre le Mont-Saint-Michel et les châteaux de la Loire. On se positionne aussi sur les salons professionnels. C’est un travail de fond. Le potentiel est tel qu’il justifie des efforts. »

Des touristes chinois visitant le Mont-Saint-Michel.
Des touristes chinois visitant le Mont-Saint-Michel. - P.Siccoli/SIPA

Objectif : qu’ils restent plus d’une journée

Au château des ducs de Bretagne ou aux Machines de l’île, les informations ne sont pas encore traduites en chinois. Mais la réflexion est « ouverte » dans la mesure où la fréquentation « progresse ». « On a fait du démarchage auprès des tour-opérateurs et il ressort que Nantes n’est pas connue. Le plus simple pour eux, s’ils pensent à nous, c’est d’ajouter Nantes comme une excursion à la journée au départ de Paris, voire à la fin des châteaux de la Loire. C’est bien mais ce qu’on recherche surtout c’est que ces visiteurs chinois restent un peu plus longtemps », explique Xavier Theret, responsable de la promotion internationale au Voyage à Nantes.

Armée de cette analyse, Nantes métropole tente donc désormais de séduire les tour-opérateurs avec une brochure en chinois présentant un circuit clé en main de sept jours dans l’Ouest. « Nantes y est proposée comme une porte d’entrée d’un voyage se terminant au Mont-Saint-Michel, justifie Xavier Theret. Le circuit passe par l’estuaire, la Brière, Rennes, Saint-Malo. Nous n’en sommes qu’au début mais les premiers retours sont très positifs. »

 

Les Britanniques en tête

Sur l'ensemble de la région Pays de la Loire, les Britanniques sont, de loin, les visiteurs étrangers les plus nombreux. Ils devancent les Espagnols, les Hollandais, les Allemands et les Belges.