Nantes : «Ras le bol» du trafic de drogue au sein du CHU Saint-Jacques

SANTE Des dealers vendent des stupéfiants dans l’enceinte de l’hôpital Saint-Jacques depuis plusieurs années…

Frédéric Brenon

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L'hôpital Saint-Jacques du CHU de Nantes.
L'hôpital Saint-Jacques du CHU de Nantes. — F.Brenon/20Minutes

« Ça fait des années que ça dure. Ça suffit. Le personnel en a ras le bol », s’agace le syndicat CFDT du CHU de Nantes. Mercredi, un comité d’hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire s’est tenu au CHU de Nantes. Objet de la réunion : l’existence d’un trafic de stupéfiants au sein de l’hôpital Saint-Jacques, au sud de Nantes.

« Des gens venus de l’extérieur s’introduisent dans l’enceinte et vendent des produits aux patients, adultes ou adolescents, notamment ceux traités pour des problèmes d’addiction. Ça se passe dans les allées où les patients se promènent. C’est surtout du cannabis mais il y a aussi des drogues dures qui s’écoulent », rapporte Dominique Delahaye, élu CFDT au CHSCT.

Problème de sécurité et problème médical

« Les agents, en particulier les infirmières, craignent pour leur sécurité, poursuit le syndicaliste. Ces trafics posent évidemment aussi un problème médical pour les malades concernés. » Selon Florent*, un ancien patient du service de rééducation fonctionnelle, les échanges de cannabis « sont courants ». « Je pense que la direction préfère fermer les yeux car c’est l’un des seuls moyens de soulager la douleur des patients », affirme-t-il.

«Sur le site de l’hôpital Saint Jacques règne la terreur, a également réagi la CGT. Les soignants travaillent la boule au ventre, dans l’angoisse, dans le stress», assure le syndicat, qui a envoyé un courrier au préfet et au procureur de la République. La CGT affirme avoir été témoin de plusieurs faits de violences «coups et blessures» et «menaces de mort».

La direction prend l’affaire au sérieux

La direction du CHU confirme la « présence de drogues » et affirme que la sécurisation du site de Saint-Jacques représente un « enjeu important » dans la mesure où il accueille des « populations vulnérables sur le plan psychologique ». Elle explique agir tout au long de l’année en signalant aux autorités les situations sensibles, en interdisant de séjour un usager au comportement inadapté, en organisant des patrouilles régulières en lien avec son service sécurité-sûreté et les forces de l’ordre, ou en formant les professionnels. Une « convention sécurité » est également en cours de signature entre la police, la justice, la préfecture et le CHU.

Sécuriser les accès

Le syndicat CFDT estime, de son côté, que ça ne suffit pas. Il réclame à ce que les quatre accès, qui permettent actuellement aux piétons d’entrer librement à Saint-Jacques, « soient sécurisés ». Ils demandent aussi à ce que les patrouilles de police soient « plus régulières » et à ce que le personnel des urgences et de la psychiatrie soit « mieux formé » à la gestion de la violence.

L’hôpital Saint-Jacques regroupe sur 17 hectares les services de rééducation fonctionnelle, de psychiatrie et de gériatrie, ainsi que le plateau logistique du CHU de Nantes. Ses activités ne sont pas concernées par le transfert du CHU sur l’île de Nantes en 2026

* prénom d’emprunt