Nantes : Pourquoi attend-on davantage d’alertes pollution cet hiver ?

ENVIRONNEMENT A l'occasion de la Journée nationale de la qualité de l'air, ce mercredi, l'organisme Air Pays de la Loire fait le point...

Julie Urbach

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Vue de la ville de Nantes lors de l'épisode de pollution de janvier 2016
Vue de la ville de Nantes lors de l'épisode de pollution de janvier 2016 — S. Salom Gomis/ SIPA
  • L'association Air Pays de la Loire annonce que les procédures d'alerte seront plus souvent déclenchées cette année.
  • Les raisons: de fortes concentrations de particules fines encore à prévoir, mais surtout des mesures règlementaires qui se durcissent.

Des températures qui chutent, des chauffages poussés à fond et plus de voitures sur les routes. Voilà ce qui suffirait pour que le prochain épisode de pollution aux particules fines se déclare dans la région de Nantes.

A l’occasion de la Journée nationale de la qualité de l’air, qui se déroule ce mercredi, l’organisme Air Pays de la Loire a annoncé par la voix de Marion Guiter, ingénieure d’études, que « les jours d’alerte pollution aux particules devraient être multipliés par deux cet hiver dans la région ». Soit au total une semaine d’air très dégradé à prévoir.

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Effets sur la santé

Une mauvaise nouvelle en trompe l'oeil: si la qualité de l’air à Nantes est jugée satisfaisante (avec 80 % de journées où elle a été bonne, voire très bonne) et que les émissions de polluants sont à la baisse depuis plusieurs années, l'explication réside ailleurs. La réglementation sera durcie afin d’encore mieux nous protéger.

Ainsi, dès que la concentration de ces PM10 en suspension sera trop importante, et ce pendant deux jours de suite (quatre auparavant), le seuil d’alerte sera déclenché : les autorités délivreront alors automatiquement leurs restrictions et consignes aux habitants. « Car on se rend compte que ces particules ont en permanence un effet sur notre santé, même sans pic, continue Marion Guiter. Dans les Pays de la Loire, elles sont la cause de 2.530 décès anticipés par an et font baisser l’espérance de vie. »

Préparez-vous à davantage lever le pied sur le périph, comme il en a été décidé pour la première fois en janvier dernier à l’occasion du pic de pollution qui a duré six jours. Préparez-vous également à privilégier les transports en commun et le vélo, ou encore à respecter l’interdiction de brûler vos déchets verts (50kg équivaut à 6.000 km avec un diesel en termes de pollution).

Mise en place de la circulation différenciée

Dans les projets de la préfecture également, la mise en place de la circulation différenciée, déjà en vigueur à Paris ou à Lyon. Les habitants de la région sont d’ores et déjà invités à se munir de la fameuse vignette Crit’air.

« La qualité de l’air, c’est comme le tri des poubelles, a estimé Laurent Gérault, président de Air Pays de la Loire. Chacun doit prendre conscience qu’il peut agir à son niveau pour faire changer les choses. »