Johanna Rolland et Waldemar Kita le 19 septembre 2017 à Nantes.
Johanna Rolland et Waldemar Kita le 19 septembre 2017 à Nantes. — F.Brenon/20Minutes

URBANISME

Nantes: Pour dire oui au nouveau stade, la métropole a imposé ses conditions

Nantes métropole va vendre le terrain du futur stade à la société Yello Park, mais a obtenu au moins six garanties...

  • Nantes métropole est propriétaire de la parcelle de la Beaujoire où sera construit le futur stade.
  • Le projet sera 100 % privé mais la métropole a fixé des exigences au préalable.

Après avoir écarté l’idée ces dernières années, Johanna Rolland, présidente de Nantes métropole, a donné ce mardi son accord officiel pour la construction d’un nouveau stade de football utilisé par le FC Nantes. Cet équipement de 40.000 places devrait sortir de terre en 2022 à l’emplacement de l’actuel parking du stade de la Beaujoire.

La métropole, propriétaire des terrains convoités, a donc accepté de vendre au prix fixé par les Domaines la parcelle de 23 ha à la société Yello Park, laquelle porte le projet pour le compte du président du FCN, Waldemar Kita, et du groupe immobilier Réalités. Mais elle a imposé au préalable au moins six conditions, rédigées sur un protocole d’accord qui sera cosigné par les parties ces prochaines semaines.

  • 1. Pas d’argent public. Première condition imposée par Johanna Rolland : le projet doit être 100 % privé. « La métropole n’interviendra ni en financement ni en garantie d’emprunt », assure la présidente socialiste. La démolition du stade de la Beaujoire, elle aussi, sera entièrement supportée par Waldemar Kita et Réalités.
  • 2. Pas de galerie commerciale. Le programme immobilier qui sera érigé à côté du stade ne prévoit pas de galerie commerciale ou l’implantation de nombreux commerces. Johanna Rolland ne souhaite pas concurrencer davantage les magasins de centre-ville et les pôles commerciaux établis, explique-t-elle.
  • 3. Capacité et tarifs préservés. Le futur stade devra maintenir le même nombre de places, aux mêmes prix modérés pour les groupes de supporters. « Je suis très attachée à la dimension populaire du stade », insiste Johanna Rolland. Waldemar Kita a, lui, précisé que les tarifs des places pourraient augmenter de 10 % maximum.
  • 4. Un musée avec le stade. Le projet « devra mettre en valeur le passé et les grandes heures de la Beaujoire », notamment avec la création d’un musée consacré à l’histoire du FC Nantes.
  • 5. Des arbres et des logements sociaux. Il devra être exigeant sur le volet urbanisme, social et environnement. La métropole a ainsi obtenu l’assurance qu’un architecte-urbaniste d’envergure internationale sera choisi, qu’une « place significative sera faite aux arbres et à la nature » sur le site, et qu’au moins 25 % des logements bâtis à côté du stade soient des appartements locatifs sociaux, conformément aux objectifs de mixité du Plan local d’habitat (PLH).
  • 6. Un dialogue avec les habitants. Une large concertation sera lancée dès cet automne. Les avis des habitants et supporters devront donc être sollicités concernant « le plan d’ensemble du stade, ses abords et l’avenir de tout le quartier ». Et ce même si le projet paraît déjà bien ficelé.

 

Une fois ces conditions réunies, le financement et la propriété étant privés, la métropole, qui n'aura donc plus de grand stade à elle, acceptera évidemment de ne pas avoir son mot à dire sur certains aspects du projet, comme la provenance des investisseurs ou le nom du futur stade. « Chacun son job, chacun sa responsabilité », explique Johanna Rolland.