FC Nantes: Andrei Girotto a marqué son territoire

FOOTBALL Arrivé cet été au FC Nantes, le Brésilien a ouvert le compteur but des Canaris à la Beaujoire cette saison... 

Charles Guyard

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Andrei Girotto a inscrit samedi contre Caen son premier but et celui de son équipe à la Beaujoire.
Andrei Girotto a inscrit samedi contre Caen son premier but et celui de son équipe à la Beaujoire. — DAMIEN MEYER / AFP
  • A 25 ans, Girotto a déjà évolué au Japon.
  • Il est aussi passé par le club de Chapecoense, au Brésil.

La frappe limpide déclenchée à une trentaine de mètres semble d’abord hors cadre. Puis le ballon, comme aimanté par les cages, dessine la courbe parfaite, touche le poteau et glisse dans les filets de Rémy Vercoutre, cloué sur place. Derrière le gardien de Caen, les supporters en tribune Erdre étaient, samedi soir, les mieux placés pour apprécier le bijou d’Andrei Girotto. Les autres ont dû s’offrir une séance de rattrapage en vidéo, comme Claudio Ranieri qui, du banc, n’a pas vu grand-chose sur le coup.

« J’ai vu qu’il avait frappé et le ballon dans le but, c’était très rapide, je l’ai revu à la télé, il est fantastique ! », a savouré l’entraîneur nantais qui, par leurs origines transalpines communes, pourra féliciter son protégé en VO. « Je parle avec lui en italien, et avec mes partenaires j’arrive aussi à me faire comprendre, notamment avec Emiliano (Sala) qui parle espagnol », confie le premier finisseur de la saison à domicile.

Ranieri : «Un joueur que je voulais»

De toute façon, l’attaquant n’a pas eu besoin de décodeur pour décrypter les intentions de son nouveau partenaire de 25 ans qui, une semaine plus tôt à Montpellier, avait déjà fait chauffer les gants du portier héraultais, de loin. « Quand il se profile, il a une bonne frappe, puissante, et aujourd’hui ça a payé ». Conscient de ses qualités, l’intéressé ne cache pas son envie de percuter plus haut sur le terrain quand son coach s’attache surtout à verrouiller derrière : « J’évolue à un poste qui demande de la technique, et c’est vrai que si je joue de façon défensive, j’aime me projeter vers l’avant ».

Face aux Normands, il a su joindre l’utile à l’agréable avec, donc, un but splendide, assorti d’un gros travail à la récupération avec plus d’une cinquantaine de ballons exploités dans sa zone. Malgré quelques maladresses dans les transmissions, sa présence semble rimer avec réussite : avec lui, titularisé à quatre reprises, les Canaris n’ont jamais perdu cette saison ! 

« C'est une bonne sentinelle, un joueur que je voulais, avait déclaré à son sujet Claudio Ranieri qui louait le profil de celui appelé à remplacer Guillaume Gillet dans l'entrejeu. J’aime plus le profil de Girotto tactiquement, il est plus défensif.» Pour Colin Viera, « c’est un joueur de qualité et de passes, qui va beaucoup manquer à Chapecoense », observe le journaliste à SporTV Globo, une chaîne brésilienne qui détient les droits de la L1 en Amérique du sud.

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A Chapecoense, il voulait «aider»

Afin de participer à la reconstruction du club après le drame de novembre 2016, Girotto n’avait, en effet, pas hésité à quitter le Japon, où il avait atterri six mois plus tôt, pour rentrer au pays. Une bifurcation périlleuse dans son plan de route alors qu’il avait fait de son passage au Pays du soleil levant un tremplin vers l’Europe. « Au Japon, le championnat est très en avance et très ouvert sur ce qu’il se passe en Europe, j’en avais fait une étape dans ma carrière donc oui, il y avait un petit risque de retourner au Brésil, mais il faut savoir en prendre. Et comme je connaissais le club avant, je voulais vraiment l’aider ».

Le FC Nantes, en revanche, il ne connaissait pas plus que cela avant de s’y engager cet été, si ce n’est « de nom » et que son nouveau fanion a déjà engrangé « de nombreux titres ». Pour ce féru d’Histoire qui, confie-t-il, attend la première occasion pour « visiter le Château des ducs de Bretagne » à Nantes, ce n’est déjà pas si mal.