Nantes: Après un an d'enquête, les trois décès suspects au CHU resteront un mystère

SANTE Le parquet de Paris a classé sans suite l'enquête qui avait été ouverte en novembre dernier, après le décès de trois patients, traités en chimiothérapie au CHU de Nantes...

20 Minutes avec AFP

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Le bâtiment Hôtel-Dieu du CHU de Nantes.
Le bâtiment Hôtel-Dieu du CHU de Nantes. — D.Meyer/AFP
  • Trois personnes atteintes de lymphome avaient succombé, entre le 10 et le 13 novembre derners, à de graves complications cardiaques.
  • L'enquête a été classée sans suite pour «absence d'infraction», mi-juillet, a-t-on appris vendredi.

Des décès qui resteront inexpliqués. Le parquet de Paris a classé sans suite l’enquête qui avait été ouverte après le décès presque simultané en novembre 2016 de trois patients, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. Tous trois étaient traités en chimiothérapie avec un médicament de remplacement au CHU de Nantes.

Agées de 61 à 65 ans, trois personnes atteintes de lymphome, une forme de cancer du sang, avaient succombé, entre le 10 et le 13 novembre, à de graves complications cardiaques. Un quatrième patient, qui avait subi le même protocole thérapeutique, avait survécu au même type de complications.

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« Absence d’infraction »

Après huit mois d’investigations, l’enquête, qui était ouverte au pôle santé publique pour « homicides involontaires et blessures involontaires avec ITT supérieure à trois mois », a été classée le 17 juillet pour « absence d’infraction », a précisé la source judiciaire qui confirmait une information de Ouest-France.

L’enquête a mis en évidence un « aléa thérapeutique » et « n’a révélé aucune faute pénale, ni au sein des équipes médicales du centre hospitalier, ni dans les laboratoires qui commercialisaient l’Endoxan », a expliqué une source proche de l’enquête.

Traitement de remplacement

Cet anticancéreux, qui contient comme principe actif le cyclophosphamide, avait été utilisé en remplacement du produit généralement utilisé, le melphalan, alors en rupture d’approvisionnement. Ce traitement était « validé par la communauté médicale et utilisé depuis des années », avait souligné le ministère de la Santé. Il avait demandé quelques semaines plus tard la suspension, à titre temporaire et par précaution, de cette chimiothérapie de remplacement.

Dans ses conclusions remises fin novembre, l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas), saisie en parallèle d’une enquête administrative, indiquait alors n’avoir pas décelé les « causes apparentes » de ces décès. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait également ouvert une enquête.