Loire-Atlantique: L'enseignement catholique au bord de la saturation

EDUCATION Le nombre d’élèves continue d’augmenter, en particulier dans la métropole nantaise…

Frédéric Brenon

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Le lycée privé Loquidy à Nantes.
Le lycée privé Loquidy à Nantes. — FABRICE ELSNER/20MINUTES
  • Plus de 1.400 élèves supplémentaires sont accueillis dans les écoles privées.
  • Confronté à un manque de place et de moyens, l’enseignement catholique refuse de nombreuses inscriptions.

Quatre jours après la rentrée, l’enseignement catholique a fait ses comptes : un peu plus de 102.000 élèves ont été accueillis en Loire-Atlantique. C’est 1.433 de plus que l’an passé, soit une croissance de 1,4 %, légèrement supérieure à celle du public. « Le département est très dynamique sur le plan démographique, justifie Philippe Cleac’h, nouveau directeur diocésain. La hausse est particulièrement marquée dans les collèges. Mais, pour la première fois depuis longtemps, on gagne même des élèves en maternelle. »

Des classes de 35 ou 40 au lycée

La situation, dans un département où l’enseignement catholique pèse environ 40 % des effectifs scolaires, n’est pas sans poser de souci compte tenu des ressources contraintes de l’institution. Quatre classes ont été ouvertes dans le premier degré, tandis que vingt postes équivalent temps plein ont pu être créés dans le second degré.

« Ça ne suffira évidemment pas, estime Philippe Cleac’h. On était déjà l’an passé à une capacité d’accueil maximale. On l’est encore plus. On compense par du redéploiement de moyens, sur la base d’une analyse assez fine et de la solidarité entre établissements. » L’autre variable d’ajustement est le nombre d’élèves par classe. « A Nantes, où la pression des effectifs est la plus forte, il n’est plus rare d’avoir des classes de 35 ou 40 au lycée », indique-t-il.

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Un nombre croissant de demandes d’inscriptions sont par ailleurs refusées faute de place. « Dans certains établissements nantais, des listes d’attente sont établies dès avril », précise le directeur diocésain. Les élèves non admis se rabattent alors sur l’enseignement public ou, à un degré moindre, sur des établissements plus éloignés.

La fin des contrats aidés inquiète

Les difficultés pourraient encore s’aggraver avec la disparition annoncée des contrats aidés. Une trentaine d’établissements en subiraient les conséquences en Loire-Atlantique, prévoit la direction diocésaine. Les postes concernés sont principalement ceux de l’entretien, de la restauration et des Atsem. « On n’est pas loin du point de rupture, considère Philppe Cleac’h. Le modèle économique des écoles du premier degré est étroitement dépendant de ces contrats aidés. » Un écueil que le directeur diocésain impute aux « financements insuffisants de la collectivité de référence ».