Garrot, rochers, dangers... Cinq idées reçues sur les morsures de vipères

SANTE L'agence régionale de santé des Pays de la Loire alerte sur le risque de morsures de vipères dans la région...

Julie Urbach

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Illustration d'une vipère
Illustration d'une vipère — SOLENT NEWS/SIPA

L’été, les sorties en famille et parfois… de mauvaises rencontres. Alors que les grandes vacances viennent de débuter, l’agence nationale de santé des Pays de la Loire alerte les habitants sur les morsures de vipères. Selon l’organisme, la région serait d’ailleurs la plus exposée ! En effet, 22,4 % des administrations de sérum anti-venin de vipères, de 2012 à 2016, y ont été réalisées. 20 Minutes passe en revue cinq idées reçues sur ces reptiles et leurs dangers.

Idée reçue n°1 : On ne les trouve que dans les zones rocheuses

Faux. Les vipères peuvent être observées un peu partout en France, là où il y a des herbes hautes ou des friches. En Pays de la Loire, deux espèces cohabitent. « On a la vipère aspic qui vient du sud, avec de petites écailles et les yeux jaunes, explique Philippe Evrard, coordinateur régional de la société herpétologique de France. Il y a aussi la vipère péliade, avec de plus grosses écailles et les yeux rouges. Ces serpents ont besoin de s’exposer au soleil mais aussi de se cacher dans des haies ou des ronces. » Selon l’ARS, la majorité des morsures de serpents survient entre avril et octobre.

Une vipère péliade
Une vipère péliade - Lee Brady

Idée reçue n°2 : Ceux qui se font mordre l’ont bien cherché

Plutôt faux. Selon le Dr David Boels, du centre antipoison d’Angers, la majorité des morsures sont accidentelles. « Dans 90 % des cas, il s’agit de personnes qui se promènent en tongs dans des herbes hautes, ou qui mettent la main pour cueillir quelque chose dans un buisson, lors d’activités de jardinage par exemple. Là, ils sont surpris de ressentir une douleur violente et voient le serpent partir. Mais la vipère ne viendra jamais vous attaquer pendant votre sieste ! » Le centre antipoison d’Angers recense « une cinquantaine » de morsures par an dans la région.

Idée reçue n°3 : Après une morsure, il faut faire un garrot

Faux. Selon l’ARS, le garrot est à proscrire « puisque le venin se répand tout de même dans le corps » et qu’il peut « provoquer des nécroses graves ». Les bagues et bracelets doivent être retirés. Il est plutôt conseillé d’appeler les secours, de rester calme, et de nettoyer la plaie à l’eau et au savon. « Les aspivenins sont inefficaces pour les morsures de vipères, prévient le Dr Boels. Contrairement aux idées reçues, on n’incise surtout pas soi-même la plaie. »

Idée reçue n°4 : On peut mourir d’une morsure de vipère

Vrai. Mais c’est vraiment très rare depuis l’apparition des traitements antivenin de qualité, dans les années 1990. Il faut donc obligatoirement consulter si l’on est victime d’une morsure. « Il doit y avoir une surveillance de quelques heures au moins, explique le Dr Boels. Des symptômes peuvent apparaître, comme de l’œdème, des troubles digestifs, l’augmentation du rythme cardiaque… » Mais dans environ un cas sur deux, on parle de « morsure sèche » c’est-à-dire que la vipère n’a délivré aucun venin. Le recours à un traitement n’est donc pas systématique.

Idée reçue n°5 : Pour être tranquille, en rando, on tape des pieds 

Vrai. Le mieux est finalement de ne pas croiser la route de ces serpents, qui, s’ils sont sourds, réagissent très vite aux secousses et aux signaux visuels. « Qu’ils soient venimeux ou non, ils ont tendance à fuir l’homme », explique l’ARS qui conseille donc de « marcher à pas appuyés » lors de randonnées. Il est aussi déconseillé de soulever des pierres ou de vouloir toucher un serpent. Le reptile sait se contorsionner et se défendre même quand il est tenu par la queue… « Et rappelons qu’il est interdit de tuer un serpent, sauf en cas de danger direct », avance Philippe Evrard.