Voile: «Grâce à “The Bridge”, la course au large se réinvente...», estime Thomas Coville

SPORT Dimanche, à 19 h, à Saint-Nazaire, dans le cadre de « The Bridge », sera donné le coup d’envoi de la course entre quatre multicoques et le Queen Mary 2…

David Phelippeau

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Le skipper Thomas Coville.
Le skipper Thomas Coville. — Jean-Marie Liot / Sodebo
  • Quatre multicoques vont se confronter au Queen Mary 2 entre Saint-Nazaire et New York
  • Le départ de la course sera donné dimanche à 19 heures

Dimanche, 19 heures, à Saint-Nazaire, des milliers de personnes vont pouvoir contempler une scène extraordinaire. Le célèbre paquebot du Queen Mary 2 va s’élancer pour rejoindre New York avec à ses côtés quatre « petits » trimarans skippés par des stars de la voile : François Gabart, Thomas Coville, Francis Joyon et Yves Le Blévec. Cette course appelée « The Bridge » est évidemment inédite dans l’histoire de la voile. Thomas Coville (Sodebo), recordman du tour du monde en solitaire le 25 décembre dernier en moins de 50 jours, présente cette épreuve pour le moins atypique.

Que représente pour vous la course contre le Queen Mary 2 ?

La confrontation avec le Queen Mary 2 est symbolique, mais pas sportive. Moi, je ne me bats pas contre des bateaux à moteur. Je me bats en équipage contre d’autres Ultimes. Le fait qu’on soit nombreux à bord (6 équipiers par bateau) va encore plus resserrer le jeu car on va pousser les machines pour arriver à l’extrême. La bagarre va être bien agressive.

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Cette course va aussi vous permettre de vous jauger dans l’optique du tour du monde des Ultimes en 2019 ?

Clairement. Toutes ces courses nous servent à engranger des datas, à savoir où se situe chaque bateau, à connaître où sont nos points forts et nos points faibles. Ce n’est pas que « The Bridge » n’est pas un objectif, mais c’est une première confrontation. Avec cet événement, on est en train de construire l’histoire de la course au large avec un autre format de bateaux et un autre format de course car New York, c’est sept jours. La planète cet hiver, c’était 49 jours. On montre grâce à la technologie que la course au large se réinvente et qu’elle va s’ouvrir à un plus large public.

C’est vraiment impossible pour vous de battre le Queen Mary 2 sur ce parcours de 3.150 milles, soit 5.800 km environ (on estime que le navire aura une avance de 25 ou 30 heures à l’arrivée) ?

Ça serait possible si on faisait un run tout droit. Lui va tout droit, il ne fera pas un mille supplémentaire car c’est du gazole à payer en plus (sourire). Lui, c’est économique. Le bateau à voile par définition joue avec le vent. La nature fait qu’il y a l’anticyclone des Açores qui est au milieu du parcours. En vitesse de pointe, on ira plus vite que lui mais on fera plus de milles que lui. En attendant, la carte postale des quatre Ultimes et du Queen Mary 2 va faire le tour du monde !

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Sur quoi va se jouer la course entre vous quatre alors ?

Ça va se jouer sur le choix météo. En partant de Saint-Nazaire, il y a le choix d’une route nord et celui d’une route sud. La route nord semble très intéressante pour une fois. Ça va faire une course virile, on va venir lécher les icebergs de la sortie du Saint-Laurent avec un sprint final vers New York. Les écarts vont se faire et se défaire très rapidement.

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Parlez-nous de votre casting à bord…

J’ai eu ce luxe de choisir. C’est incroyable de se retrouver avec Billy Besson, quatre fois champion du monde, barreur des JO, et Vincent Riou, vainqueur du Vendée Globe (2004) et marin exceptionnel. Ce qui est fou c’est que quand ce dernier est monté sur Sodebo, j’ai eu l’impression que c’était la première fois qu’il faisait du bateau… On aurait dit un jeune premier. Il y a aussi Jean-Luc Nélias et Thierry Briend : ils constituaient ma cellule de routage cet hiver. Ils vont passer du virtuel au réel. Enfin, Loïc Le Mignon, le boat captain du bateau, représente l’esprit de toute l’équipe technique. C’est un superbe équipage.

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