« Pas de risque de lassitude »

Recueilli par Frédéric Brenon - ©2008 20 minutes

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René Martin

Directeur artistique du festival la Folle journée.

Avant de débuter à Nantes la semaine prochaine, la Folle journée se décline jusqu'à dimanche soir dans onze villes de la région (dont Saint-Nazaire). Pourquoi ?

J'ai coutume de dire qu'à Nantes le public vient à la rencontre des artistes alors qu'en région ce sont les artistes qui vont rencontrer le public. En région, les musiciens sont comme en résidence, ils travaillent avec les écoles municipales, puis jouent des concerts dans des petites salles. On va beaucoup en milieu rural, on s'adresse à un public plus inhabituel. Et ça marche : on attend encore 50 000 personnes ce week-end.

Le festival attaque sa quatorzième édition. Craignez-vous l'essoufflement ?

C'est un souci majeur. C'est pour ça qu'on innove chaque année pour pousser le concept encore plus loin. Par exemple en s'ouvrant à de nouvelles influences ou en proposant des adaptations inédites. Si l'on y arrive en maintenant la qualité, le public est à l'abri de toute lassitude. Regardez, le Festival de Cannes, il ne s'essouffle pas !

Comment sera l'avenir de la Folle journée ?

Il faut multiplier les moyens de la consulter. La télévision s'y intéresse de plus en plus, Internet s'y met. Je souhaite qu'on puisse bientôt assister à tous les concerts en direct sur Internet. On doit investir les nouvelles technologies pour continuer à toucher un nouveau public.

Vous avez créé ce festival. Pensez-vous parfois à passer la main ?

Non, je suis passionné, et puis j'ai encore beaucoup de temps devant moi ! De toute façon, la Folle journée ne tient pas qu'à une seule personne. Sa dimension est telle qu'elle appartient aujourd'hui au domaine public. Beaucoup de pays la réclament. On se rendra compte plus tard qu'elle aura joué un rôle majeur dans l'histoire de la musique classique.