Loire-Atlantique: Comment la Sécu compte mettre le holà à certains arrêts de travail

SANTE Les dépenses liées aux indemnités journalières distribuées par la Caisse primaire d'assurance maladie de Loire-Atlantique ont grimpé de plus de 8%...

Julie Urbach

— 

Le 9 avril 2008, illustration arrt de travail.
Le 9 avril 2008, illustration arrt de travail. — Frederic Scheiber/20 Minutes
  • La Sécu de Loire-Atlantique a consacré 207 millions d'euros pour la prise en charge des arrêts de travail, en 2016
  • Une somme qui risque de continuer d'augmenter si l'organisme n'accentue pas ses dispositifs d'accompagnement et de contrôle, assure la CPAM 44

Il y a ceux qui sont prescrits par des médecins trop généreux, d’autres obtenus par des assurés fraudeurs, ou encore ceux qui se prolongent des mois voire des années. La Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de Loire-Atlantique a décidé de tirer la sonnette d’alarme, ce jeudi, au sujet de certains arrêts maladie. Et notamment ceux qui lui coûtent le plus cher. « Les arrêts de plus de 6 mois ne représentent que 5 % du nombre de dossiers, mais c’est 40 % des dépenses, avance Pierre Rousseau, directeur de la CPAM44. On ne se voit pas continuer sur ce rythme. D’autant que rester en arrêt n’est pas une solution, et finit par éloigner de l’emploi. »

>> A lire aussi : Loire-Atlantique: Arrêts de travail truqués, fausses déclarations… 1.500 fraudes à la Sécu en deux ans

Si la Sécu se mobilise, c’est que l’enveloppe pour financer les indemnités journalières a explosé au premier trimestre 2017 : + 8.3 % par rapport à 2016 dans le département. Une tendance qui a commencé il y a un an et demi, mais dont les raisons sont difficiles à identifier.

Si le vieillissement de la population active ou l’épidémie de grippe sont évoqués, c’est bien sur les comportements que souhaite agir l’organisme pour redresser ses comptes. « En 2016, nous avons consacré 12 millions d’euros de plus que l’an passé, soit 207 millions, calcule Fabrice Martin, directeur adjoint. 520.000 arrêts maladie ont été reçus, émis par 135.000 assurés. » Les principales causes sont les dorsalgies, suivies des « épisodes dépressifs ».

Lutte contre la fraude

Si la CPAM évoque une « chaîne de responsabilité », elle a concocté une série de dispositifs pour chacune des parties. Ainsi, pour limiter les arrêts trop longs, l’Assurance maladie a mis en place un numéro permettant au médecin de signaler une difficulté à la reprise du travail d’un patient, qui sera accompagné dans ses démarches. « Il faut aussi renforcer le dispositif qui permet le cofinancement d’un nouveau poste, plus adapté dans l’entreprise », ajoute Fabrice Martin. Certains professionnels de santé recevront aussi la visite d’un agent d’ici l’été, pour un petit rappel sur les référentiels existants en terme d’arrêts maladie…

>> A lire aussi : Pour redresser ses comptes, la Sécu de Bretagne traque la fraude aux arrêts de travail

Mais la lutte contre la fraude fait aussi partie du plan. La Sécu veut aller plus loin, comme à Rennes, en accentuant les contrôles au domicile des assurés (plusieurs centaines seulement ont été réalisés en 2016). Les agents promettent également d’être beaucoup plus attentifs à la falsification de documents (dates modifiées au stylo) ou aux usagers qui continuent parfois leur activité pour cumuler salaire et indemnités. « C’est un cas assez fréquent, avance Pierre Rousseau. Nous avons récupéré au total 400.000 euros. Sans compter les cas que nous détectons a priori. »