Législatives: Les partis bretons partent en ordre dispersé en Loire-Atlantique

ÉLECTIONS Deux entités s’affrontent malgré leur volonté commune de réunifier la Bretagne…

Clément Carpentier

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Les deux affiches des deux partis bretons pour les législatives.
Les deux affiches des deux partis bretons pour les législatives. — Clément Carpentier
  • Ils ne sont pas d'accord sur le positionnement politique : indépendance ou pas 
  • Les enjeux sur cette élection 

Ils veulent la même chose mais ne tirent pas dans le même sens. C’est le paradoxe des partis et mouvements bretons présents en Loire-Atlantique pour ces élections législatives. Déjà qu’ils doivent faire avec le contexte historique et géographiqus, ils partent, en plus, au combat divisés en deux camps : Oui le Bretagne et 100 % Bretagne.

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Positionnement politique et indépendance 

Le premier est un parti politique fédéraliste et écologiste se revendiquant de gauche. Le deuxième est un mouvement apolitique regroupant plusieurs entités bretonnes (Parti Breton, Parti Fédéraliste Européen, Alliance Fédéraliste Bretonne et En Avant la Bretagne). S’ils affirment être « plutôt bien accueillis par la population lors de cette campagne », la guerre est bien déclarée entre eux à entendre les uns parler des autres. Elle paraît loin l’époque où ils étaient main dans la main pour les élections régionales de 2015.

Arno Mahé devant la permanence de Oui la Bretagne à Nantes.
Arno Mahé devant la permanence de Oui la Bretagne à Nantes. - Clément Carpentier

Deux ans plus tard, chacun a son candidat dans chacune des 10 circonscriptions dans le département. Alors pourquoi cette division ? Il y aurait deux raisons selon Oui la Bretagne. « Ils se disent ni de droite ni de gauche mais en réalité, ils sont à droite. Ils ont d’ailleurs déjà fait des alliances par le passé. Et puis, ils sont indépendantistes, ce qui n’est pas notre cas », explique Arno Mahé, suppléant dans la 9e circonscription.

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100 % Bretagne se défend 

Des propos qui bien sûr irritent fortement dans l’autre camp. Voire mettent en colère certains candidats de 100 % Bretagne. « C’est entièrement faux, s’emporte Michael Hervé, on n’est pas du tout de droite. Ce clivage est franco-français et les gens n’en veulent plus. Il peut y avoir des alliances au cas par cas et d’ailleurs, on s’est même déjà associé à la gauche. »

Le candidat du mouvement dans la 3e circonscription en Loire-Atlantique en remet une couche sur l’accusation d’indépendantisme. « Si des membres du Parti Breton ont pu défendre cette idée par le passé, ce n’est pas notre position pour ces élections législatives. Enfin, qu’est-ce qu’on entend par vouloir l’indépendance de la Bretagne ? », ajoute-t-il. Avec ses camarades, il affirme ne pas revendiquer une indépendance étatique mais simplement la volonté d’obtenir une collectivité territoriale comme en Corse.

La photo de couverture de la page Facebook du Parti Breton.
La photo de couverture de la page Facebook du Parti Breton. - Capture écran

Pas de député régionaliste à l’Assemblée Nationale ?

Au-delà de cette bataille de chiffonniers, il y a des enjeux pour Oui la Bretagne et 100 % Bretagne lors de cette élection. Si les régionalistes bretons ont été présentés à l’Assemblée Nationale de 2012 à 2017 par Paul Molac, cette fois-ci, ils ne devraient pas obtenir de siège car ce dernier a décidé de rejoindre la République en marche, il y a quelques semaines. Leur espoir repose aujourd’hui sur l’élection d’un député corse pour représenter les régionalistes.

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L’autre enjeu, c’est l’argent qui leur sera réservé selon les résultats du premier tour, le 11 juin. En effet, ils font tous les deux parties d’alliances régionalistes en France et celles-ci doivent avoir au moins 50 candidats à plus de 1 % pour obtenir ces fonds. Si ce n’est pas le cas, certains partis pourraient mettre la clé sous la porte par manque de financement.