Violences policières: A Nantes, onze «blessés des manifs» vont demander réparation à l'Etat

JUSTICE Plusieurs personnes se déclarant victimes de violences policières annoncent saisir le tribunal administratif...

Julie Urbach

— 

Flashball de la police nationale. Photo d'illustration. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY
Flashball de la police nationale. Photo d'illustration. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY — AFP
  • Après que leurs plaintes ont été classées sans suite, onze personnes vont engager une demande d'indemnisation auprès de l'Etat
  • Les plaignants se disent victimes de violences policières, lors des manifestations contre la loi Travail, il y a un an à Nantes

Leurs onze plaintes déposées conjointement il y a un an viennent (toutes sauf une) d’être classées sans suite. Mais ils assurent que « le combat pour que la justice mette fin à cette toute-puissance policière » va continuer. Ce mercredi midi, « l’assemblée des blessés de Nantes » a annoncé que les onze plaignants se déclarant victimes de violences policières lors de manifestations contre la loi Travail, en 2016 à Nantes, ne s’arrêteront pas là.

Avec leurs avocats, ils ont en effet décidé de saisir le tribunal administratif de Nantes. « L’Etat a normalement un rôle du maintien de l’ordre dans le cadre de ces manifestations, explique Me Stéphane Vallée. Nous faisons donc un recours auprès de lui pour qu’il indemnise les blessés. »

En novembre dernier, l’Etat français avait été condamné à verser 48.000 euros de dommages et intérêts à Pierre Douillard, un Nantais victime d’un tir de lanceur de balles de défense (LBD), en 2007. Touché au visage lors d’une manifestation contre la réforme des universités, le jeune homme, âgé de 17 ans à l’époque, avait perdu l’usage de son œil droit.

Conclusions de l’enquête de l’IGPN

En parallèle, les plaignants envisagent également de formuler des recours au classement sans suite. Ils pourraient notamment « se constituer partie civile devant un juge d’instruction », selon leur avocat. Mais avant, ils espèrent recevoir vite les conclusions de l’enquête de l’IGPN, la police des polices, afin de mieux comprendre la décision du parquet.

« Mes clients ont reçu une même réponse stéréotypée, se désole Stéphane Vallée. Nous attendions des raisons plus précises et plus individualisées, en fonction des situations qui sont toutes différentes. »

>> A lire aussi : A Nantes, la police des polices saisie sur l'affaire de l'homme blessé à la manifestation

Ces « plaintes contre X pour violences volontaires avec (ou sans) arme par une personne de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions » avaient été déposées par des victimes de tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) ou de grenades de désencerclement, reçus sur le corps ou le visage. Ces tirs auraient été « effectués sans aucune sommation » par les forces de l’ordre, à l’occasion de diverses manifestations dont certaines avaient été interdites.

Seule l’une de ces onze premières plaintes ferait toujours l’objet d’une enquête. Maxime, qui en est à l’origine, avait reçu des coups de matraque sur le crâne en mars 2016, lui causant trois jours d’ITT. La scène avait été filmée.