VIDEO. Nantes: Sa vie de journaliste n'était pas très marrante, elle en a fait un one woman show

PORTRAIT La Nantaise Dorothée Drevon, 40 ans, se produit à la compagnie du Café-théâtre mardi et mercredi...

Julie Urbach

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Dorothée Drevon
Dorothée Drevon — D. Drevon
  • Après dix ans dans le journalisme, Dorothée Drevon en raconte les pires facettes, avec humour, dans son spectacle
  • Une manière d’extérioriser des situations douloureuses vécues au travail, explique la comédienne

Qui n’a jamais rêvé de plaquer son job du jour au lendemain ? Dorothée Drevon, elle, en avait tellement marre qu’elle l’a fait. A tout juste 40 ans, cette ancienne journaliste a posé stylo et caméra pour monter sur les planches. Après avoir joué son one woman show pendant un an dans une salle parisienne, le théâtre de Dix-Heures, cette Nantaise est de retour chez elle et se produit à la Compagnie du café-théâtre, mardi et mercredi soirs, avec « Albert Londres, les pigeons et moi ». Une référence au prix le plus prestigieux du journalisme, que Dorothée n’a en fait pas complètement oublié.

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Comme l’ex avocate Caroline Vrigneau, c’est son métier qu’elle raconte sur scène. Ou plutôt les pires facettes de cette profession rongée par la précarité. « En dix ans, j’ai enchaîné je ne sais combien de CDD, pris pas mal de baffes, souffert d’un management parfois violent, se souvient Dorothée Drevon, qui a notamment travaillé au Magazine de la santé. Il y a trois ans, c’était la lose, j’ai commencé à écrire des sketches en imaginant plein de situations rigolotes. C’était une manière d’extérioriser des moments douloureux. »

Des personnages inspirés de la vie réelle

Celle que son entourage décrit comme « fanfaronne » décide finalement de se lancer. Elle loue un petit théâtre et donne enfin vie à tous les personnages qu’elle a imaginés, « tous inspirés de la vie réelle ». Successivement, on rigole devant la conseillère Pôle Emploi à côté de la plaque et qui lui demande « s’il est sympa Nagui », la rédactrice en chef alcoolique et névrosée, la journaliste freelance qui réalise son interview téléphonique en petite culotte, la maman (insupportable) qui témoigne dans un reportage sur les enfants précoces… Le tout sans méchanceté et avec une grosse dose d’autodérision.

Mais aussi du talent, en tout cas assez pour recevoir illico la proposition d’un producteur, et « foncer ». « Ça tombait sous le sens, elle avait ça en elle depuis longtemps, assure Nathalie, amie de l’humoriste et comédienne amateur. Au-delà d’être la reine de la vanne, elle a cette faculté de croquer les personnages de façon très précise, sans avoir vraiment pris de cours de théâtre. Il y a un petit côté autothérapie, et en même temps c’est à hurler de rire. »

« Pour le kiff »

Alors qu’au début, « monter sur scène c’était comme escalader une montagne », Dorothée Drevon dit avoir mis trois mois à « trouver du plaisir », jusqu’à désormais carrément « s’éclater ». Mais pas que. « Ce n’était pas le but premier mais le spectacle sert aussi à faire passer des messages, sur le monde du travail, la réalité de la profession… Certains viennent me voir à la fin et me disent : quand on voit Claire Chazal, on ne pensait pas que c’était aussi dur au quotidien ! »

Cette maman de trois enfants, qui jouera son spectacle pour la dernière fois de la saison, espère se sentir « encore un peu plus comédienne » avec la réécriture à venir de son one woman show. Et si elle est finalement retombée dans un milieu difficile, elle assure que cette fois, son nouveau métier « c’est que pour le kiff ». « Avoir imaginé mon truc à moi et le fait que des gens l’apprécient, ça m’a libéré, jure l’humoriste. J’ai pris confiance en moi, et même si je sais que ça va être les montagnes russes, je me dis désormais que tout est possible ! »