Loire-Atlantique: Ça ne baigne pas pour les poissons avec la sécheresse

AGRICULTURE Les professionnels de la filière parlent déjà d’une baisse de 10 à 15 % de la production…

Clément Carpentier

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Les pisciculteurs sont inquiets face à la sécheresse.
Les pisciculteurs sont inquiets face à la sécheresse. — Smidap
  • Des niveaux d’eau d’été au mois de mai
  • Une production de poisson est impactée
  • Les prochaines semaines seront capitales

Le soleil brille. La chaleur est au rendez-vous. Les badauds flânent. Que demander de plus ? Et bien, un peu d’eau. Pas pour nous mais pour la nature. En effet, celle-ci souffre depuis quelques mois avec la sécheresse en Loire-Atlantique. La situation des cours d’eau et leurs locataires inquiètent les professionnels.

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Des étangs vides

Les poissons sont en première ligne. Ils souffrent énormément de cette pluviométrie extrêmement faible. Il y a quelques semaines, Christophe Pin, le chef du centre météorologique de Nantes, parlait d’une situation « assez préoccupante » avec « des quantités extrêmement faibles avec un fort vent en plus. »

Des étangs dans la région sont complètement vides.
Des étangs dans la région sont complètement vides. - Smidap

Une situation que confirme Pascal Trintignac : « Des étangs n’ont pas pu se remplir, d’autres ne le sont que partiellement. On a des niveaux d’été voire de début septembre alors que nous ne sommes que début juin. » Pour le conseiller aquacole du Smidap (Syndicat Mixte pour le Développement de l’Aquaculture et de la Pêche en Pays de la Loire), la production de poisson « est déjà impactée. »

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Les prédateurs se font pressants 

Alors que certains pisciculteurs parlent déjà d’une perte de 10 %, Pascal Trintignac ne veut pas encore donner de chiffres. Il affirme simplement que les « prochaines semaines seront très importantes. Ça peut devenir très compliqué. » Ces niveaux bas n’aident pas les poissons à se protéger des prédateurs comme le cormoran.

Une exploitation en Loire-Atlantique.
Une exploitation en Loire-Atlantique. - Smidap

Avec la chaleur, les poissons ont, en plus, l’habitude de se regrouper tous au même endroit dans les cours d’eau froide ou à l’ombre ce qui avantage les oiseaux. L’autre problématique, c’est « la température de l’eau. Il faut faire très attention. Il y a un risque d’asphyxie et la mortalité peut être importante », confie un pisciculteur, installé près de Nantes.

Pas concerné pas les arrêtés sécheresse

Face à ce constat, il n’y a pas grande chose à faire pour les professionnels, c’est la nature comme ils disent. Pascal Trintignac de la Smydap regrette tout de même que les autorités ne prennent pas en compte la situation tendue dans laquelle est la pisciculture. « L’aquaculture ne fait pas partie des usages qui bénéficient des arrêtés sécheresse », explique-t-il.

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Les professionnels du secteur vont donc devoir prier en regardant vers le ciel dans les prochaines semaines. Et espérer sentir une goutte tomber pour les aider à surmonter cette sécheresse qui dure maintenant depuis presque un an. Pour eux, l’eau n’a jamais été une ressource aussi précieuse…

Un étangs à moitié vide.
Un étangs à moitié vide. - Smidap