N-D-des-Landes: Bruno Retailleau opposé à la médiation «s'il s'agit de camoufler un reniement»

PROJET D'AEROPORT Le président du conseil régional des Pays de la Loire (LR), favorable au projet, demande «un éclaircissement» au premier ministre concernant l’objet de la médiation…

Julie Urbach

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Bruno Retailleau  / AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD
Bruno Retailleau / AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD — AFP
  • Le président de la région Pays de la Loire (LR) réagit au recours prochain d'un médiateur dans l'épineux dossier de Notre-Dame-des-Landes
  • Bruno Retailleau se dit favorable à la démarche, mais uniquement si c'est une «médiation d'apaisement»

Il ne semble pas dupe, mais demande « solennellement au Premier ministre un éclaircissement ». Au surlendemain de la nomination de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique, le président du conseil régional (Les Républicains) Bruno Retailleau est monté au créneau au sujet de la fameuse médiation, qui doit être engagée pour déminer le dossier du transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

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Une médiation sous condition

Ce vendredi, le sénateur de Vendée a prévenu qu’il était hors de question que la démarche aboutisse à revoir le projet sur le fond, ou pire à l’abandonner. « Une médiation, pourquoi pas, mais je fais une mise en garde : si son pouvoir est supérieur aux décisions de justice et au vote des citoyens, alors nous ne sommes plus en démocratie. Par contre, je ne suis pas opposé à une médiation d’apaisement pour permettre une évacuation pacifique de la ZAD et faire baisser la pression. »

Il rappelle que c’est ce que lui avait promis Emmanuel Macron lors d’un débat entre les deux hommes diffusé sur France 2, pendant la campagne présidentielle. « S’il s’agit de camoufler un reniement, nous nous y opposerons de toutes nos forces, car c’est donner le dernier mot aux zadistes et donc à la violence », continue Bruno Retailleau.

« Le symbole d’une France qui capitule »

Alors que Nicolas Hulot a indiqué, jeudi soir, que des alternatives étaient possibles, le sénateur ne veut pas en entendre parler. « Il y a déjà eu la déclaration d’utilité publique en 2008, la commission du dialogue en 2013… Il n' y a plus aucune alternative technique ou écologique. Il est hors de question que l’on rejoue le même film avec les mêmes ficelles et les mêmes acteurs que sous François Hollande. (…) Notre-Dame-des-Landes est le symbole d’un état qui capitule. Emmanuel Macron doit dire sous quel signe il entend placer son quinquennat »