Après l'«Erika», l'heure de raquer

JUSTICE «Un jugement historique», «une décision qui laissera des traces», «un traumatisme presque réparé». Les réactions ont été nombreuses et dans l'ensemble positives...

M.-C. S. et F. B., à Nantes

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La justice française a condamné mercredi le groupe pétrolier Total à verser avec trois co-accusés 192 millions d'euros pour le naufrage de l'Erika qui avait provoqué en 1999 une gigantesque marée noire, à l'issue du premier grand procès en France d'une catastrophe écologique.
La justice française a condamné mercredi le groupe pétrolier Total à verser avec trois co-accusés 192 millions d'euros pour le naufrage de l'Erika qui avait provoqué en 1999 une gigantesque marée noire, à l'issue du premier grand procès en France d'une catastrophe écologique. — AFP/Marine Nationale

«Un jugement historique», «une décision qui laissera des traces», «un traumatisme presque réparé». Les réactions ont été nombreuses et dans l’ensemble positives mercredi, à l’issue du jugement rendu dans l’après-midi par le tribunal correctionnel de Paris qui se prononçait sur les responsabilités dans la catastrophe de l’«Erika». La Loire-Atlantique avait été le département le plus touché par le mazout qui s’était déversé sur les côtes après le naufrage du pétrolier maltais. Huit ans plus tard, Total, l’affréteur du navire, et les autres responsables de l’«Erika» sont reconnus coupables d’imprudence.

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«C’est une très grande victoire. Plus aucun transport maritime ne pourra s’effectuer dans les mêmes conditions de négligence», se réjouit Jacques Auxiette, président du conseil régional. « Nous pouvons désormais nous tourner vers l’avenir, en ayant quelque raison de croire que cette décision rend un peu plus improbable une nouvelle marée noire », espère Patrick Mareschal, président du conseil général. «C’est une bonne nouvelle, même si Total n’a pas été suffisamment puni. Les plages souillées par l’“Erika”, c’est une image que l’on gardera toute notre vie», estime Danielle Rival, maire de Batz-sur-mer.

Depuis mercredi, les collectivités victimes, de même que certaines organisations professionnelles, connaissent les indemnités qui leur sont dues au titre des dommages et intérêts. La Loire-Atlantique a ainsi obtenu 5,3 millions d’euros, une somme «satisfaisante», que le département a aussitôt promis de verser aux espaces naturels sensibles. «Satisfaite» également, la région recevra, elle, 4,7 millions d’euros. Les communes du littoral n’ont pas été oubliées: La Baule a obtenu 1,5 million d’euros, Saint-Nazaire 500.000 €, tout comme Pornichet, Batz-sur-Mer et Mesquer. Le Croisic devrait toucher près de 300.000 €, Pornic 150.000 € et La Turballe 100.000 €. Enfin, le syndicat des paludiers de Guérande sera indemnisé de 370.000 €.