«Erika»: Les réactions en Loire-Atlantique

JUSTICE En Loire-Atlantique, département le plus mutilé il y a huit ans par le naufrage de l'«Erika», les réactions ont été nombreuses mercredi à la suite du jugement...

20 Minutes Nantes

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La justice française a condamné mercredi le groupe pétrolier Total à verser avec trois co-accusés 192 millions d'euros pour le naufrage de l'Erika qui avait provoqué en 1999 une gigantesque marée noire, à l'issue du premier grand procès en France d'une catastrophe écologique.
La justice française a condamné mercredi le groupe pétrolier Total à verser avec trois co-accusés 192 millions d'euros pour le naufrage de l'Erika qui avait provoqué en 1999 une gigantesque marée noire, à l'issue du premier grand procès en France d'une catastrophe écologique. — AFP/Marine Nationale

En Loire-Atlantique, département le plus mutilé il y a huit ans par le naufrage de l’«Erika», les réactions ont été nombreuses mercredi à la suite du jugement.


Christian Hazebrouck, vice-président des Amis des collectifs marée noire, association représentant l’ensemble des collectifs marée noire du littoral atlantique:

«Le premier motif de satisfaction, c’est que l’existence des collectifs après la catastrophe, les manifestations qu’ils ont organisé, ont abouti à ce procès et donc à ces condamnations. On a bien fait d’être tenaces: c’est l’épilogue rassurant d’une longue lutte qui n’a pas été vaine. Il y avait bien des responsables à cette catastrophe. L’autre satisfaction est que, pour la première fois en France, on reconnaît un préjudice écologique. Un regret toutefois, on constate une certaine frilosité de la part des juges car la “mise en danger d’autrui” n’a pas été retenue.»

Olivier Péréon, représentant du syndicat des paludiers de Guérande:
«Nous sommes pleinement satisfaits. L’ensemble de notre demande a été prit en compte. Le montant s’élevait à 271.000 euros pour les frais matériels et 100.000 euros de préjudice moral. Nous sommes très heureux de voir Total condamné. Cela aura un réel impact sur les conditions maritimes.»

Philippe Boënnec, maire de Pornic:

«Nous sommes satisfaits de la décision liée à cette catastrophe écologique. Les coupables ont été reconnus, c’est le plus important. Nous attendons 150.000 euros, mais je ne sais pas si nous les obtiendrons. Demain tous ceux qui transporteront du pétrole, réfléchiront. Ce jugement est une étape importante, mais il reste encore du travail. Tous les navires-poubelles ne peuvent plus naviguer.»

Jacques Lambert, maire de Pornichet:

«Les premières réactions sont très positives, sur le plan pénal par la condamnation du groupe total mais aussi sur le plan civil. Ils ont reconnu le préjudice écologique, ce qui est une première en France. Nous avions demandé 500.000 euros, nous les avons obtenus.»

René Leroux, maire de La Turballe:
«Ils ont reconnu le préjudice écologique, mais aussi touristique, économique et émotionnel. Nous sommes donc très satisfait. Nous avions demandé 100 000 euros nous les avons obtenus. Demain les sociétés qui donneront les autorisations seront plus vigilantes. Cette décision amènera à préserver notre avenir.»

Danielle Rival, maire de Batz-sur-Mer:
«Je suis très contente. Pour une fois que l’on s’occupe de l’environnement. Toutefois, j’estime que les responsables n’ont pas été suffisamment punis. On connaît leurs bénéfices et le milliard d’euros réclamé aurait pu être versé. L’“Erika” et les plages souillées, c’est une image que l’on gardera toute notre vie. J’espère qu’à présent, ils seront plus vigilants. Nous avons obtenu 500.000 euros de dommage et intérêts.»

Charles Nicols, porte-parole de la mairie de Saint-Nazaire:
«Le jugement et l’indemnisation qui nous a été octroyée (500.000 euros) nous paraît équitable. C’est la reconnaissance d’un préjudice fort, beaucoup d’argent avait été dépensé pour le nettoyage. La marée noire avait été vécue comme un traumatisme par les habitants. Et ça ne réparera jamais les dégâts à court terme sur la faune et la flore. La responsabilité de Total est reconnue, c’est un signe fort pour l’éthique. Pour cette multinationale, 192 millions d’indemnisation ne représente toutefois pas grand-chose.»

Patrick Mareschal, président du conseil général de Loire-Atlantique:
«J’ai aujourd’hui une pensée pour les milliers de personnes qui s’étaient mobilisées sur le front de la marée noire. Leur engagement, leur ténacité et leur saine colère ont rendu inéluctable le jugement prononcé aujourd’hui, et permis d’effacer les traces de la catastrophe. Je considère positif que la justice sanctionne aussi largement les maillons de cette chaîne d’irresponsabilité organisée. Espérons que ces amendes, dans l’absolu minimes, dissuadent les coupables de récidiver. A l’heure où la répression se fait plus forte pour la petite délinquance, je souhaite que le droit pénal, en matière de mise en danger d’autrui et de pollution maritime aussi, évolue dans ce sens.
Concernant la Loire-Atlantique, le conseil général réclamait la réparation intégrale des préjudices subis. Le tribunal vient de donner droit à cette demande en nous accordant 5,3 millions € de dommages et intérêts. Huit ans après cette catastrophe, il était grand temps pour la Loire-Atlantique d'obtenir réparation, et ce d'autant plus qu'elle a été, de toutes les collectivités victimes, celle qui a subi le dommage le plus élevé.»