FC Nantes: Galettes saucisses, Riou, la montre de Kita, la tribune Loire... Deaux raconte son FCN

INTERVIEW Le milieu de terrain de Guingamp fera son grand retour à la Beaujoire ce dimanche soir (21 h)…

David Phelippeau

— 

Lucas Deaux après son but à Rennes le 29 septembre 2013.
Lucas Deaux après son but à Rennes le 29 septembre 2013. — DAMIEN MEYER / AFP

Il avait promis, il a tenu parole. Sollicité en décembre lors du match aller Guingamp-Nantes, Lucas Deaux, l’ex-Canari (2012- janvier 2016), désormais dans les Côtes-d’Armor, avait refusé tout entretien. Cette fois-ci, pour son grand retour à la Beaujoire dimanche soir, le milieu de terrain (28 ans) a accepté de raconter son FC Nantes pendant près d’une demi-heure. Un petit record pour un ancien bavard reconverti en taiseux.

>> A lire aussi : Deaux, ce boute-en-train est une locomotive pour Nantes

« Avec l’âge, je parle de moins en moins car je trouve ça de moins en moins utile. Franchement, ça me saoule le plus souvent. Tu commences une interview avec un journaliste qui te dit : "On te connaît pour ton franc-parler…" J’ai l’impression que c’est 24/24 la même chose. » Pourquoi avoir accédé à la demande de 20 Minutes cette fois-ci ? « Là, je parle car ça me fait plaisir de revenir à Nantes. J’aime les interviews qui sortent de l’ordinaire dans lesquelles tu parles de tout et de rien. Je déteste les entretiens un peu bateau avec des questions comme :"Vous êtes sur trois matchs sans victoire, vous en pensez quoi ?" C’est impossible d’y répondre (rires). » Entretien « cool », selon ses propres termes.

Votre plus joli souvenir nantais ?

Forcément, la montée [en 2013] lors du match contre Sedan. Pour tous les joueurs et le staff qui ont participé à cette épopée, ce fut vraiment un grand moment. Je me souviens des longues minutes durant lesquelles je suis dans la tribune car j’ai pris un rouge [dès le début du match] et que j’attends comme un con que le match se finisse pour être sûr qu’on monte. Et puis, il y a le coup de sifflet final qui retentit et qui nous envoie en Ligue 1, je vais alors dans les bras de Rémy [Riou].

Vos souvenirs de larmes versées au FC Nantes ?

Toujours ce match de la montée. C’était un moment particulier pour moi car je venais de Reims où j’avais participé à la montée mais je n’avais pas été gardé. C’était une sorte de revanche envers moi-même et les gens qui ne m’avaient pas conservé. Je fais toute la saison en L2 avec Nantes et quand arrive le match capital pour la montée, je déconne en me faisant expulser au bout de deux minutes et je mets l’équipe dans la merde. J’étais entre la joie et le malheur personnel…

Qu’est ce qu’il vous manque le plus depuis votre départ de Nantes ?

C’est un tout. A la fois l’ambiance au stade, la Jonelière et la ville aussi car il fait bon vivre à Nantes. La vie en général là-bas peut me manquer. Après, je suis très heureux là où je suis maintenant [il vit à Saint-Brieuc]… Nantes me manquait beaucoup plus quand je galérais en Belgique.

>> A lire aussi : Lucas Deaux quitte le FCN et signe deux ans et demi à La Gantoise

Quelle personne vous manque le plus depuis départ de Nantes ?

Rémy [Riou]. J’ai encore beaucoup de nouvelles de lui. J’ai lié une forme d’amitié qui m’était très peu arrivée dans le foot. J’ai envie de dire une connerie, c’est lui qui la dit. On a les mêmes goûts sur beaucoup de choses, les mêmes avis sur la vie. On fait les mêmes réflexions aux mêmes moments. C’est comme quand tu rencontres une nana, tu te dis qu’elle n’a rien de plus que les autres, mais il y a un truc. Parfois, il me manque oui. Sa situation [il est remplaçant] ? Quand ça allait très mal en début de saison, Rémy est un des rares à avoir assumé son rôle au sein de l’équipe. Mais, je n’ai pas à juger [son statut de remplaçant] car je ne suis pas à Nantes au quotidien. Je me souviens au match aller [défaite 2-0 d'un Nantes au plus mal en décembre], à la fin, je lui avais dit : "J’espère mec que la suite va bien se passer !". Quand on les a joués, j’étais sur le banc, je ne reconnaissais pas ceux avec qui j’avais joué. Je sentais de l’abattement. D’ailleurs, l’équipe de Nantes qu’on a affrontée à l’aller n’a rien à voir avec celle qu’on va rencontrer dimanche.

>> A lire aussi : «S'il faut être le méchant, je le serai sans problème...», tonne Rémy Riou, très en colère

Quelle personne vous manque le moins depuis votre départ de Nantes ?

(Il réfléchit) J’ai eu des conflits ou des périodes difficiles. Des prises de bec ont pu arriver avec Der Zakarian, Baronchelli, Amisse ou même mon pote de ouf Bessat. Mais, personne ne me manque pas du tout. Je fais ma vie maintenant.

Votre plus grand fou rire ?

J’ai beaucoup ri à Annecy [en stage d’avant-saison en 2015] quand Issa [Cissokho] avait affronté au ping-pong le président Kita, qui avait joué sa montre en cas de défaite [Kita avait perdu]. Et Veretout m’a beaucoup fait rire car il sortait des trucs en français qui n’étaient pas très clairs.

Le truc insensé que vous avez fait à Nantes ?

Quand j’ai pris le micro et j’ai chanté avec la tribune Loire [contre Valenciennes en décembre 2013]. C’était instinctif. C’était sympa, ça sort un peu du lot pour moi.

La phrase que vous avez regretté d’avoir dite ?

La phrase sur les galettes saucisses [succès 3-1 à Rennes en 2015 avec un but de Deaux] ? (Il éclate de rire) Franchement, malgré toutes les proportions que ça a pris, jamais je ne regretterai d’avoir dit ça. Je le pensais à ce moment-là. Maintenant, j’ai mon petit chant quand je vais à Rennes. Certains me crachent dessus. Ça met un peu de folklore et moi, ça me fait marrer. Quand on pense quelque chose, il faut le dire…

>> A lire aussi: Les plus belles «saillies» de Lucas Deaux

Votre plus grosse colère ?

Quand je me suis fait expulser contre Sedan [en 2013], j’étais énervé après moi-même. Je me suis fracturé la main car je frappais partout dans le vestiaire.