Nantes: Que va devenir le delphinarium du parc Planète Sauvage?

ANIMAUX Un arrêté interdisant la reproduction des dauphins en captivité a été publié ce week-end...

Julie Urbach

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A Port-Saint-Père, le 29 mai 2015, les dauphins du parc animalier Planete Sauvage.
A Port-Saint-Père, le 29 mai 2015, les dauphins du parc animalier Planete Sauvage. — Julie Urbach / 20 Minutes
  • La Cité marine du parc de Loire-Atlantique abrite actuellement huit dauphins
  • La direction de Planète Sauvage, qui étudie toujours le texte, indique que «la fermeture du delphinarium n’est pas à l’ordre du jour»

Les visiteurs de Planète Sauvage continueront-ils encore longtemps à s’émerveiller devant les dauphins ? En ce début de semaine, c’est la question qui agite la direction du parc de Loire-Atlantique, près de Nantes. Samedi, en effet, la publication d’ un texte au Journal Officiel pourrait bien bouleverser le destin de Parel, Nouma, et des six autres cétacés de la Cité marine de Port-Saint-Père.

« La reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus en France est désormais interdite, a-t-il été décidé. Ainsi, seuls les orques et les dauphins actuellement régulièrement détenus peuvent continuer à l’être, sans ouvrir à de nouvelles naissances. »

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La fermeture « pas à l’ordre du jour »

Alors qu’environ 280 dauphins seraient actuellement dans des bassins, en Europe (et dans seulement trois parcs en France), cette disposition pourrait donc, à terme, mettre fin à cette captivité. « C’est une grosse surprise et elle n’est pas bonne, confirme Martin Boye, responsable scientifique à Planète Sauvage. Mais la fermeture de notre delphinarium n’est pas à l’ordre du jour, il est bien trop tôt pour l’envisager. Il nous faut d’abord étudier ce texte et bien comprendre ce que cela implique pour la profession. »

L'un des deux delphineaux nés à Planète sauvage, ici accompagné de sa mère.
L'un des deux delphineaux nés à Planète sauvage, ici accompagné de sa mère. - Planète sauvage

Car selon lui, cette mesure qui s’inscrit dans un plan visant à améliorer le bien-être des dauphins ne servirait pas cet objectif. « Nous avons eu deux naissances au parc l’année dernière, ça se passe plutôt très bien, continue Martin Boye. Interdire la reproduction voudrait dire administrer des contraceptifs, ou séparer les mâles des femelles, ce qui irait à l’encontre de la façon dont ils vivent naturellement », craint le scientifique.

« Une première bataille de gagnée »

Pour l’association C’est Assez, c’est bien l’arrêt de mort des delphinariums que signe ce texte. « Les dauphins aujourd’hui enfermés seront les derniers, c’est une première bataille de gagnée, se félicite Luce Boissel, responsable de l’association dans l’Ouest. Mais nous ne voulons pas que ceux-là finissent leur vie en captivité ». L’association rappelle que  quatre dauphins sont décédés à la Cité marine, depuis son ouverture en 2009.

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Comme à de nombreuses reprises, une manifestation sera organisée ce samedi devant le parc de Port-Saint-Père, à laquelle devraient participer une trentaine de personnes. « Nous demandons qu’ils soient transférés dans des sanctuaires marins, c’est-à-dire des baies protégées. Pour certains dauphins, si c’est possible, nous souhaitons carrément leur remise en liberté », continue Luce Boissel.

En attendant, la Cité marine devra de toute façon se mettre en conformité sur différents autres points contenus dans l’arrêté. Si la taille de ses bassins répond déjà aux nouvelles normes, il faudra davantage les creuser pour passer de 5 à 6 mètres de profondeur. « L’interdiction du chlore dans le traitement de l’eau » et « les contacts directs entre le public et les animaux » font aussi partie des recommandations à appliquer d’ici trois ans.