Nantes: Des étudiants ne veulent «ni banquier, ni raciste» et appellent à se mobiliser

PRESIDENTIELLE Après les violences de dimanche soir, le mouvement compte s'organiser pour faire entendre sa colère...

Clément Carpentier
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Des étudiants se sont réunis en assemblée générale.
Des étudiants se sont réunis en assemblée générale. — Clément.C

Devant la faculté de Lettres et Sciences Humaines de Nantes, ils arrivent au compte-gouttes. On ne peut pas dire que ce soit l’effervescence au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle malgré l’appel à la mobilisation du collectif « À l’abordage. »

Un policier blessé, trois interpellations

Ceux qui se retrouvent ce lundi midi ont pour la plupart participé à la manifestation agitée de la veille dans le centre-ville. Des centaines de personnes ont défilé dimanche soir en scandant « Ni Le Pen, ni Macron », ou encore « Nantes, debout, soulève-toi. » Dans la soirée, la mobilisation a fini par dégénérer (feux de poubelles, dégradations de matériel urbain).

Des affrontements entre la police et des manifestants ont eu lieu dimanche soir.
Des affrontements entre la police et des manifestants ont eu lieu dimanche soir. - JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Un policier a été légèrement blessé au pied par un jet de projectile (marteau) et trois hommes ont été interpellés. Quelques heures, plus tard la tension est redescendue mais certains étudiants nantais ne comptent pas en rester là. Ils se sont réunis à l’Université de Nantes.

Entrer en résistance

Avant de parler de blocage ou d’occupation, ils veulent prendre le pouls. « On a l’extrême droite au deuxième tour et pourtant, nous ne sommes qu’une trentaine donc il faut se poser les bonnes questions. Quelle est la meilleure action pour mobiliser les gens ? », souligne l’un d’eux. Une chose est sûre, ils ne veulent pas de « l’oligarchie qui perdure avec Macron et Le Pen. »

Certaines portes de l'université ont été taguées.
Certaines portes de l'université ont été taguées. - Clément.C

Mais le timing est serré entre les deux tours avec seulement 15 jours. Ces étudiants pensent donc aussi à l’après-présidentielle. « On est presque un Français sur cinq et surtout un jeune sur trois à avoir voté pour Mélenchon, donc une mobilisation est possible », se rassure une étudiante.

Une mobilisation encore floue

Collage, prise d’un amphi, manifestation, débat… toutes les idées y passent pour mobiliser le plus efficacement. On parle aussi d’une alliance avec les lycéens. Les étudiants ont prévu de se revoir ce mardi à 10h pour installer leur « camp de base » et midi pour se retrouver afin d’organiser les prochains jours.



Ils ont aussi décidé de lancer plusieurs hashtags sur les réseaux sociaux comme #Nibanquiernifacho ou #PiqueNiquelaPrésidentielle. Enfin, une radio ou un atelier pour créer des affiches ont été mis en place avec d’autres collectifs (Nuit Debout, Nantes Révoltée… etc.)