L'histoire enfouie de la Miséricorde

F. B. - ©2008 20 minutes

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On dit de lui qu'il est le « Père Lachaise nantais ». Ouvert en 1791, le cimetière de la Miséricorde, situé entre le quartier Monselet et les Hauts-Pavés, est l'un des plus vieux de Nantes. Le plus illustre aussi, puisque la plupart des ancêtres des grandes familles nantaises y reposent. L'office de tourisme organise demain une visite guidée exceptionnelle de ce lieu de mémoire, méconnu du grand public.

« On découvre ici des tas de choses intrigantes, explique Christine Gros, guide depuis quatorze ans. On vient regarder la mort en face, mais d'une manière architecturale, esthétique ou, surtout, historique. Car en parcourant ce cimetière, c'est l'histoire de la ville qu'on balaie. » Agrandi à quatre reprises, la Miséricorde abrite sur 9 ha quelque 16 000 tombes. Un grand nombre évoquent la bourgeoisie nantaise du XIXe siècle (Dobrée, Decré, Graslin) ou des noms de rues célèbres dont on oublierait presque aujourd'hui qu'ils étaient des hommes autrefois. On trouve ainsi des industriels (Lefèvre-Utile, Dubigeon, Say, Grandjouan), des généraux (Cambronne, Mellinet, Haudaudine, Bréa), des anciens maires (Guist'hau, Normand, Bellamy), des intellectuels (Mangin, Livet, Leloup), des fusillés des Cinquante otages (Jost, Fourny), des religieux (Camille de Jésus), ou les parents de Jules Verne.

« L'autre spécificité du lieu, c'est la beauté des monuments », fait remarquer la guide. Certaines stèles ou chapelles sont de véritables oeuvres d'art, avec leur signification propre. « J'observe malheureusement un certain délabrement, ce cimetière mériterait d'être classé. »