STX: Ce que le patron de Fincantieri veut faire des chantiers de Saint-Nazaire

INDUSTRIE Le PDG des chantiers italiens, en passe de reprendre 48 % de STX France, était en visite sur place ce mercredi…

Julie Urbach
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Conference de Presse  du PDG de Ficantieri, Giuseppe Bono au chantier naval de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique)//SALOM-GOMIS_salomgomis013/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1704191600
Conference de Presse du PDG de Ficantieri, Giuseppe Bono au chantier naval de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique)//SALOM-GOMIS_salomgomis013/Credit:SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA/1704191600 — SIPA

Il a tout de suite voulu prévenir. Il n’a pas « une âme colonialiste ». Giuseppe Bono, le patron des chantiers italiens Fincantieri était en visite ce mercredi à Saint-Nazaire. Celui qui devrait très bientôt reprendre 48 % des chantiers STX (aux côtés d’un investisseur italien indépendant, de l’Etat français et de DCNS) s’était donné la mission de rassurer les salariés de l’entreprise.

Opération délicate tant des inquiétudes subsistent après qu’un accord a été signé la semaine dernière. Une manifestation d’environ 150 salariés s’est d’ailleurs tenue devant le site ce mercredi. Car dans le texte, la pérennité du site et de ses activités a été actée, tout comme l’investissement et le maintien de l’emploi pour cinq ans. Mais les salariés étaient dans l’attente de connaître la vision du nouvel actionnaire à propos du futur des chantiers de Saint-Nazaire.

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Redonner de la stabilité aux chantiers

Giuseppe Bono a dévoilé ses ambitions, et notamment celle de faire atteindre au chantier « la stabilité dans le temps, chose qu’il n’a pas eue ces dernières années ». Pour ce faire, le patron de Fincantieri va « renouveler » sa confiance à la gouvernance actuelle, qu’il veut « autonome ». « Évidemment, il serait stupide que les entreprises qui travaillent dans le même secteur n’exploitent pas les synergies qui sont possibles », a-t-il cependant souligné.

Ces dernières pourraient tourner autour des achats en commun, des clients, de l’ingénierie mais aussi de l’innovation. Si Giuseppe Bono a promis qu’il n’y aurait pas de suppression de services, il s’agirait davantage de « mutualiser les bonnes pratiques », d’être « plus forts » par exemple « autour de l’innovation et des énergies renouvelables. »

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Il a aussi balayé la crainte d’un transfert de compétences ou de main-d’œuvre vers l’Italie voire la Chine, avec qui le chantier italien entretient des relations. « Les Chinois ne veulent pas de made in China. Et nous avons besoin d’ouvriers qualifiés. Nous devons d’ailleurs attirer les jeunes à venir travailler dans nos chantiers français et italiens. »

Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire
Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire - L. Venance / AFP

La CGT campe sur ses revendications

« Giuseppe Bono s’inscrit dans la continuité de ce qui se faisait jusque-là donc nous ne sommes pas satisfaits, a réagi Sébastien Benoît, représentant de la CGT, à la sortie de la rencontre. Le point positif est qu’il a confirmé que le carnet de commandes restait plein pour dix ans, ce qui ne fait que légitimer nos revendications, à savoir des embauches et une revalorisation des salaires : on crée des richesses, il va falloir les redistribuer. »

Le chantier de Saint-Nazaire dispose d’un carnet de commandes bien rempli, avec 14 paquebots à construire d’ici 2026. « Nous avons de la chance d’avoir dix ans pour préparer l’avenir », commente Giuseppe Bono.