Nantes: Pourquoi le conflit entre les éboueurs et la ville pourrait encore durer

SOCIAL Une réunion a eu lieu ce mardi. «Un coup de bluff» dénoncent les représentants du personnel...

Julie Urbach

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Les déchets jonchent certains trottoirs à Nantes
Les déchets jonchent certains trottoirs à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes

Le bras de fer pourrait se poursuivre. Six semaines après le début de leur mobilisation, les éboueurs nantais se disent plus déterminés que jamais. Mercredi matin, les 210 agents ont de nouveau décidé  le blocage des trois sites de collecte des déchets, qu’ils maintiennent depuis vendredi.

La grève, votée par 90 % d’entre eux mardi (en plus du blocage de l’usine d’incinération) a été reconduite. Pendant ce temps, les sacs-poubelle continuent de s’entasser en ville, car pas un camion n’est sorti ce mardi pour assurer le ramassage. Le dialogue entre la ville et les représentants du personnel semble très compliqué.

« Un coup de bluff »

Il faut dire que les syndicats se disent échaudés après une réunion qui s’est tenue en urgence entre leurs représentants et des élus de la mairie, mardi soir. « On nous a proposé la tenue d’une table-ronde lundi, à condition que l’on nettoie la ville d’ici vendredi, détaille Anthony Texier, représentant CGT. Mais c’est un coup de bluff. On nous écoute sur des détails mais pas sur nos revendications. »

Après que la métropole a décidé de la fin du « fini-parti » [qui permettait aux agents de rentrer chez eux une fois leur travail terminé] pour le mois d’octobre, les éboueurs demandent le gel des 24 suppressions de postes prévues dans la foulée. « Nous sommes prêts à revoir notre copie, à condition qu’ils prennent leurs responsabilités en revenant au travail », indique mardi soir Elisabeth Lefranc, en charge des ressources humaines à Nantes métropole. Pas sûr que les éboueurs s’y plient, eux qui menacent même de bloquer le pont de Cheviré ou les abords de l’aéroport s’ils n’obtiennent « un vrai dialogue, et non des pourparlers ».

Prestataires privés

La métropole indique aussi avoir saisi le tribunal administratif en urgence pour libérer l’accès des points de collecte. Certains agents auraient également reçu des sanctions. « Nous pensons aux usagers et essayons de limiter la gêne au maximum », continue Elisabeth Lefranc. Dans les secteurs les plus touchés, des tournées complémentaires, « assurées par des agents volontaires ou des prestataires privés », ont été mises en place, indique-t-elle.