« On bosse avec une fourche dans le dos »

Recueilli par Guillaume Frouin - ©2008 20 minutes

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Philippe Quintana

Président de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière (Umih) de Loire-Atlantique.

Comment va la profession, dix jours après l'interdiction du tabac dans leurs établissements ?

Le moral n'est pas si moche. Ce week-end, c'était le premier vrai test, et les clients ont plutôt joué le jeu. Les cafetiers redoutaient une perte de chiffre d'affaires.

Le 1er janvier a aussi vu l'entrée en vigueur en Loire-Atlantique du « plan alcool ». Comment cela se passe-t-il ?

J'avais de grosses interrogations sur vingt-huit bars, qui auraient pu abandonner leur licence d'entrepreneur de spectacles et donc le droit de fermer à 4 h. Au final, seuls quatre n'ont pas fait les démarches pour continuer.

Vous aviez aussi intenté un recours gracieux contre cette mesure...

On attend la réponse de la préfecture d'ici au 22 janvier, on saura alors si elle accepte de discuter des modifications à y apporter. Faute de quoi on ira devant le tribunal administratif.

Vous dénoncez aussi la « précarisation » dans laquelle vivent les professionnels de la nuit. Que voulez-vous dire ?

La plupart doivent théoriquement fermer à minuit, mais ont des dérogations pour 2 h. Du coup, au moindre changement de préfet, tout le monde redoute de perdre sa dérogation. En étant à la merci d'une réduction d'horaires, et donc de chiffre d'affaires, comment voulez-vous vendre votre commerce et obtenir des financements ? On travaille avec une fourche dans le dos et une épée de Damoclès sur la tête.