STX: Les chantiers de Saint-Nazaire, 150 ans de navale et d'économie

INDUSTRIE L'italien Fincantieri est le nouvel actionnaire principal des chantiers de Saint-Nazaire, plus de 150 ans après leur création...

20 Minutes avec AFP
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En construction depuis trois ans, le Norwegian Epic laissera un vide aux chantiers STX.
En construction depuis trois ans, le Norwegian Epic laissera un vide aux chantiers STX. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Cette fois, c'est fait. L'État a annoncé jeudi avoir donné son accord de principe à une reprise des chantiers navals STX de Saint-Nazaire par Fincantieri. Le groupe italien sera un actionnaire minoritaire, tandis que le français DCNS entrera au capital. Ce qu'il faut savoir de l'histoire du dernier fleuron naval français.

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Des paquebots de légende

Les chantiers de Saint-Nazaire ont toujours connu une vie riche en rebondissements depuis leur création en 1861 (sous le nom de Compagnie générale transatlantique, CGT) et la sortie en 1864 de l'Impératrice Eugénie, premier d'une liste de plus de 120 paquebots. 150 ans d'histoire dont des fleurons nationaux comme le Normandie, mis en service en 1935 puis le célèbre France, inauguré en 1960.

En 1976, stoppés par la crise pétrolière, ils vont conclure un premier mariage d'intérêt avec Alstom avant d'en devenir une filiale en 1984 et continueront à sortir de leurs cales des paquebots de légende, comme le Sovereign of the Seas en 1987.

Le dernier grand chantier français

Après 1998 et la fermeture des chantiers du Havre, ils vont devenir le dernier grand chantier naval français. Le chantier affronte alors la concurrence européenne, puis asiatique. En 2003, alors que le Queen Mary II est livré, les commandes sont en chute libre. Le nombre d'ouvriers est alors passé de 5.000 en 2001 à 3.000 en 2006. Ils sont aujourd'hui 2.600 salariés (plus 5.000 salariés chez les sous-traitants).

Divers changements de main

Longtemps fleuron français, dotés de la forme de construction la plus grande d'Europe (950m), les chantiers sont passés sous la bannière de ses concurrents étrangers dès janvier 2006 avec le rachat par le Norvégien Aker Yards à Alstom Marine.

Puis courant 2008, Aker Yards est passé sous l'égide du Sud-coréen STX Shipbuilding qui a rebaptisé les chantiers STX France. L'Etat va entrer au capital à hauteur de 9% en juin 2008, puis à 33,33% en rachetant les parts encore détenues par Alstom.

Mais en novembre 2016, le géant coréen évite de justesse la liquidation. STX France, sa seule filiale rentable, était à vendre depuis 2013.

Un gros carnet de commande à honorer

Des géants des mers, dont le France, le Queen Mary II et plus récemment le Harmony of the Seas, sont sortis des cales de ces chantiers navals. Mais même s'il y a eu des hauts et des bas, STX France dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes bien rempli, avec 14 paquebots à construire d'ici 2026 pour ses deux principaux clients, l'Italo-Suisse MSC Croisières et l'Américain Royal Caribbean.

Une bonne santé que les chantiers doivent aussi à une politique de diversification menée depuis plusieurs années avec la construction de fondations d'éoliennes offshore et de sous-stations électriques, ce qui permet de pallier l'activité cyclique de la construction navale.