HBC Nantes: «A notre poste, on est forcément confrontés à l'échec», analyse Cyril Dumoulin

INTERVIEW Entretien avec le gardien de but nantais sur les spécificités du poste qu'il occupe...

David Phelippeau

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Le gardien de but nantais Cyril Dumoulin.
Le gardien de but nantais Cyril Dumoulin. — Coudert/Sportsvision/SIPA

De héros, il peut passer très vite à zéro. Le gardien de but de hand a vraiment un rôle ingrat. La semaine dernière, beaucoup d’observateurs ont pointé du doigt le rendement insuffisant des deux gardiens de buts nantais (Arnaud Siffert et Cyril Dumoulin) lors de l’élimination de la Ligue des champions à Paris (35-27). Ce vendredi, les deux hommes auront encore un rôle prépondérant en demi-finale de la Coupe de la Ligue, contre Dunkerque, à Reims. Entretien sur le poste si particulier de gardien avec Cyril Dumoulin.

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Estimez-vous avoir un rôle ingrat ?

Le gardien de but au hand est peut-être le poste où il y a le plus de responsabilités. Quand tu es bon, on le voit rapidement. Quand tu es mauvais, on le voit encore plus rapidement. Cela fait partie du rôle et de l’état d’esprit de ce poste-là.

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Vous êtes très souvent pointés du doigt…

Ce n’est jamais plaisant quand on s’investit pour une performance, mais qu’on se rate. On a peut-être plus besoin de soutien que d’être monté du doigt, mais ça fait partie de l’exigence du haut niveau et du rôle. Pour beaucoup de journalistes, ce sont souvent les gardiens les premiers responsables. Pour les connaisseurs, l’analyse est poussée un peu plus loin, et là, on voit que nous ne sommes pas toujours les seuls responsables. C’est la même démarche quand le gardien est bon. C’est qu’il a sans doute eu une bonne relation avec sa défense… et inversement quand il n’est pas bon. Après, je suis habitué aux critiques avec le temps.

On a le sentiment que vous êtes plus facilement critiqués que mis en valeur, non ?

C’est une mentalité dans le sport français. Les attaquants ont toujours été plus admirés que les défenseurs. Nous, on est encore derrière les défenseurs (rires)… On va mettre en valeur un joueur qui met dix buts et ignorer celui qui fait un 0/6. Le gardien de but, lui, on va facilement le pointer du doigt quand il va passer à côté. Notre poste est plus exposé donc c’est plus évident…

Avez-vous traversé des longues périodes difficiles ?

On en a tous vécu. Pas beaucoup de gardiens n’en ont pas vécu. On est jugés sur notre performance sur le terrain, et dans ce domaine-là, la confiance en soi est forcément primordiale. Il y a une vérité sur le poste de gardien de but, c’est qu’on est forcément confrontés à l’échec. Un bon gardien fait 30 à 40 % d’arrêts sur un match, ça veut dire qu’il y a un tir sur deux minimum qui fait trembler les filets. Il y a donc un tir sur deux sur lequel il faut gérer l’échec. Le mental est primordial à notre poste.

Du coup, avez-vous déjà travaillé avec un préparateur mental ?

Oui, pendant de nombreuses années avec une préparatrice mentale. Elle m’apportait les outils pour gérer l’échec, arriver sur le terrain avec un maximum de confiance et des certitudes, et enfin trouver les clés pour se mettre en situation de performance, et non de doute.

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