Saint-Nazaire: C'est officiel, les chantiers navals STX passeront sous pavillon italien

ECONOMIE Même s'il a revu sa participation à la baisse, l'industriel italien Fincantieri va devenir le principal actionnaire des chantiers nazairiens...

F.B. avec AFP

— 

Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire
Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire — L. Venance / AFP

Les chantiers navals STX France ne seront finalement pas nationalisés, mais passeront sous pavillon italien, avec pour capitaine le groupe Fincantieri. L’État a en effet annoncé ce jeudi après-midi avoir donné son accord de principe à une reprise des chantiers navals STX de Saint-Nazaire par le groupe de construction naval italien Fincantieri, qui sera toutefois actionnaire minoritaire, tandis que le français DCNS entrera au capital.

Fincantieri devra rester minoritaire [de 45 % à 49 % selon Le Monde] pendant au moins huit ans et sera accompagné d’un investisseur italien indépendant, la Fundazione CR Trieste, tandis que l’État français, qui détiendra toujours 33 % du capital de STX France, conservera un droit de veto, a déclaré le secrétaire d’État à l’Industrie Christophe Sirugue.

Des garanties sur l’emploi et l’investissement

Les chantiers navals de Saint-Nazaire ne seront donc pas nationalisés, comme cela avait été envisagé en dernier recours par le gouvernement pour éviter que Fincantieri ne s’empare de la majorité de STX.

Le projet présenté par Fincantieri est, selon Christophe Sirugue, « un projet industriel ambitieux », qui vise à renforcer les chantiers sur leur cœur de métier des navires de croisière, ainsi qu’à poursuivre la diversification, notamment dans les énergies marines. Il comporte des engagements, notamment relatifs à la pérennité du site et de ses activités, ainsi qu’à l’investissement et au maintien et au développement de l’emploi, a ajouté le secrétaire d’État à l’Industrie. Les bureaux d’étude resteront à Saint-Nazaire.

>> A lire aussi : Saint-Nazaire: L'énorme MSC Meraviglia part en mer pour la première fois

« Cette décision met fin à une période trouble pénalisante pour les activités de l’entreprise et permet d’envisager avec sérénité l’avenir industriel du site de Saint-Nazaire. Toutefois, j’invite dès à présent la direction de Fincantieri à se rapprocher au plus vite de nos salariés et surtout, de nos clients principaux, dans le but de créer une nouvelle communauté d’intérêt qui veillera à maintenir pour de longues années une grande construction maritime à Saint-Nazaire », a réagi Laurent Castaing, directeur général de STX France.

Procédure lancée 

La procédure d’information-consultation du comité d’entreprise doit être lancée dans les semaines à venir, afin que Fincantieri achève la négociation du rachat de ses actions, puis le gouvernement aura à se prononcer sur l’accord définitif.

Fincantieri, constructeur naval basé à Trieste et qui emploie 19.200 personnes dans le monde, est le seul candidat à avoir déposé une offre pour reprendre les chantiers STX France de Saint-Nazaire, filiale florissante du groupe sud-coréen STX Offshore and Shipbuilding en difficulté.

Les syndicats partagés

Tous les syndicats ne partagent pas le même enthousiasme. Du point de vue de la CGT, « il n’y a aucune garantie sur le maintien des emplois et un vrai plan d’embauche massif aux chantiers, comme c’est nécessaire, ni sur les investissements industriels ».

Pour le syndicat FO, le montage « est une nationalisation italienne déguisée », car Fincantieri est contrôlée à 75 % par l’Etat italien. « Ça ravive les craintes des salariés et que nous avons sur les carnets de commandes, les emplois en doublon », chez les deux groupes de construction navale.

La CFDT se montre plus rassurante. «La nationalisation n'était pas notre tasse de thé», a rappelé Christophe Morel, délégué syndical CFDT. «Aujourd'hui le danger semble écarté avec les garanties obtenues par l'État français donc pour nous c'est plutôt rassurant», a-t-il ajouté.

Mélenchon et le FN non plus…

« Trahison : le chantier naval de Saint-Nazaire STX ne doit pas être vendu. La nationalisation est un devoir immédiat », a tweeté Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle, en réponse à l’annonce de l’Etat.

« Le quinquennat de François Hollande (…) aura donc été une longue suite de pertes majeures pour l » industrie française », a fustigé le Front national. « Il est temps d’en finir avec ce suicide organisé de l’industrie française, bradée sans scrupule par des politiques qui ont renoncé à défendre les intérêts de la France », a-t-il poursuivi.

Pour Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France à la présidentielle, « le bradage de STX France constitue un coup fatal porté à l’ensemble de l’industrie navale française ».