VIDEO. Le diabète, Quentin Valognes en a fait une force sur le vélo et un ami dans la vie

CYCLISME Le coureur normand, atteint de diabète, sera au départ de Ligné (44) ce mercredi pour la deuxième étape du Circuit de la Sarthe…

David Phelippeau

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Le coureur normand Quentin Valognes.
Le coureur normand Quentin Valognes. — Mario Stiehl

Il ne se départit jamais de son enthousiasme. Son histoire, il l’a pourtant racontée des dizaines et des dizaines de fois, mais il ne se lasse jamais de la partager. Quentin Valognes, cycliste caennais de 20 ans, est professionnel depuis le 1er janvier dans l’équipe américaine Novo Nordisk, laquelle prend le départ mercredi de la deuxième étape du circuit de la Sarthe au départ de Ligné (44). A l’âge de 6 ans, ils étaient sans doute très peu à croire que Quentin ferait de sa passion un métier.

Quentin Valognes, coureur normand.
Quentin Valognes, coureur normand. - Team Novo Nordisk

Et pour cause : il est diagnostiqué diabétique de type 1. « Ça avait l’air d’être super grave, mais, moi, je m’en foutais un peu… » Quentin a l’âge de l’insouciance totale. Il ne comprend pas tout de suite ce que représente cette maladie qui se caractérise par une hyperglycémie chronique, c’est-à-dire un excès de sucre dans le sang et donc un taux de glucose trop élevé. Le gamin ne perd pas de vue « son planning de vie », comme il l’appelle. « A 18 ans, je voulais passer cycliste professionnel, et à 30 ans, ouvrir un restaurant dans une ferme après avoir fait le tour du monde ! »

Quentin sait ce qu’il veut et fonce tête baissée à l’image de son statut actuel de sprinter. « On m’a souvent freiné car je voulais trop y aller, raconte maintenant le jeune homme, issu d’une famille dingue de vélo. Certains ne pensaient pas que c’était faisable. C’est une belle revanche sur la vie et sur ces gens qui ne croyaient pas en moi ! »

Il écrit un livre en 2016 sur sa maladie et ses rêves

Forcément, tout n’est pas simple à l’adolescence pour Quentin. « Cette maladie était devenue lourde. C’était devenu un ennemi, je me battais contre elle et non avec elle… » En 2013, à 17 ans, sur les conseils de l’ancien cycliste pro Frédéric Moncassin, il rallie Atlanta pour intégrer l’équipe américaine juniors Novo Nordisk (composée uniquement de diabétiques). « En rencontrant cette formation, j’ai appris à me battre avec la maladie, et non contre », reconnaît Quentin. Il y a un an, il écrit même un livre sur sa propre histoire : «  Diab, un ami pour la vie ». « Oui, aujourd’hui, grâce au diabète, je réalise mes rêves. Le diabète m’a donné une maturité prématurée. Je n’ai jamais abandonné, c’est comme ça qu’il faut agir dans la vie tout court. »

La maladie l’oblige à subir des injections et à des contrôles réguliers quotidiennement, mais il ne vit plus du tout ça comme une contrainte. « Si on est rigoureux, ce n’est pas grave, explique l'« Amérouquin » comme ses meilleurs amis le surnomment. C’est comme se maquiller pour une femme ou se raser pour un homme. C’est plus une caractéristique qu’un handicap. » Quentin se considère comme un coureur comme les autres. « Je fais mon métier comme tout le monde, je pédale comme tous les coureurs… »

Objectif ? Le tour de France 2021

Et plutôt très vite car en 2014, il s’illustre en remportant deux étapes du Tour de l’Abitibi (Québec), manche de la Coupe du monde juniors. Mais le Normand ne veut pas en rester là avec sa formation. « On a un objectif, le tour de France en 2021, ce seront les 100 ans de la découverte de l’insuline… » Et toujours un même message pour les diabétiques et les autres : « Etre positif, avoir confiance en soi et se battre toujours et encore. »