Nantes: La Tricyclerie collecte les déchets organiques des restos à vélo

ENVIRONNEMENT Le projet nantais a été repéré par les Nations Unies...

Geoffrey Clémençon

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Les différentes étapes de travail de la tricyclerie.
Les différentes étapes de travail de la tricyclerie. — Charlotte Goislot

Pédaler, collecter et recycler. Voici le tryptique gagnant de la Tricyclerie lancée en décembre 2015 par Coline Billon. Enfourchant son vélo-remorque, elle et son équipe voguent de restaurants en entreprises pour récupérer les déchets organiques afin d’aller les jeter dans des bacs à composts. Ils sont alors utilisés pour ensemencer des jardins ou par des agriculteurs.

L'idée prend de l'ampleur puisque la Tricyclerie a annoncé, mi-août, avoir été sélectionné par l'ONU dans le cadre de son nouveau prix Jeunes Champions de la Terre, qui récompense des initiatives en lien avec l'environnement. Il est possible de voter sur Internet pour le projet nantais, qui peut remporter un lot de 15.000 dollars pour développer ses activités.

Valoriser les déchets organiques

Le but de la Tricyclerie est tout simple: éviter d’incinérer les épluchures de fruits et de légumes. Coline Billon dénonce « un modèle linéaire où tout finit par brûler tandis qu’il est simple de valoriser les déchets organiques. Evitons de créer encore plus de gaz carbonique. Le vélo est une manière écologique de se déplacer mais c’est aussi plus pratique pour accéder à des lieux pas toujours facilement atteignables en voiture. »

L’association délivre aux 16 restaurants et aux trois entreprises participantes au projet des seaux spécifiques pour conserver les déchets. En retour, ces derniers versent une somme en fonction du nombre de collectes et de déchets ramassés.

Six tonnes en 11 mois

Grâce à leurs deux vélos remorques, les membres de la Tricyclerie ont ramassé plus de six tonnes en onze mois et ont ainsi fait baisser le volume des poubelles des restaurateurs. Deux parcours de collecte existent pour un total de six kilomètres. Ces derniers ont lieu dans le centre-ville et sur l’île de Nantes. Il faut compter 2h30 pour une tournée qui se termine obligatoirement dans l’un des trois sites de compostages.

Preuve du succès de la Tricyclerie, plusieurs villes comme Paris, Tours ou Rennes et même l’île de la Réunion se sont renseignées pour adopter la même démarche. Seule Coline Billon arrive à vivre du projet depuis septembre 2016, mais la fondatrice a pour objectif de recruter de nouveaux salariés.